Mr. v, 13-14. Cf. WELLHAUSEN, M
tanisme dans tout l'univers. Comme la parabole du Sénevé pourrait s'entendre de la même manière, ces paraboles, qui supposeraient la fondation de l'Église et la propagation de l'Évangile dans le monde romain, seraient un produit de la tradition, ou la composition d'un rédacteur, au même titre que la parabole de l'Ivraie, dans sa forme actuelle.
Si l'on s'en tient au point de vue eschatologique, l'idée d'une évolution progressive du royaume aura été indiquée, mais non accentuée, dans la parabole de la Semence, où la description de la pousse est subordonnée à l'idée de la moisson: elle sera sousentendue dans la parabole du Sénevé et dans celle du Levain ; partout le Christ annoncera en prophète l'accomplissement du rovaume, dont le présent pourrait faire douter ; mais il n'envisage pas en philosophe les conditions indispensables d'un mouvement qui doit s accomplir dans l'humanité !.
Marc a pu négliger la parabole du Levain comme n'ajoutant rien à l'enseignement des paraboles qu'il avait déjà rapportées. Autant qu'une pensée unique domine chez lui le discours, on peut y voir que la parole du royaume ne profite qu'aux âmes de bonne volonté, qui la font fructifier: qu'elle brillera dansla manifestation du royaume : que ceux en qui elle aura porté fruit seront abondamment récompensés : que le temps présent est celui de la préparation, mais que le royaume ne manquera pas de venir, et que la faible apparence de son début conduit à la splendeur de cet avènement.
Manrc.1v, 33. Et c'est par ungrand Marta. xur, 34. Jésus dit tout
nombre de telles paraboles qu'il leur disait la parole, selon qu'ils
pouvaient comprendre, 34. et il ne
leur parlait pas sans parabole, mais en particulier il expliquait tout à ses propres disciples.
cela en paraboles à la foule, et il ne leur parlait pas sans parabole, 35.
afin que füt accomplie la parole du prophète qui dit : « J'ouvrirai ma bouche en paraboles, je profèrerai des choses cachées depuis la création. »
N'ayant pas l'intention de rapporter d'autres paraboles, Mare
ft suivre le discours d’une réflexion générale que Matthieureproduit assez maladroitement, avant d'amener l'explication de l'Ivraie et les trois paraboles, à lui propres, qui servent à compléter le nombre
{. Jücrcser, I, 581.
septénaire. On voit que le rédacteur du second Évar « un grand nombre de paraboles ! ». Il observe que Jésus in par ce moyen ses auditeurs, « selon que ceux-ci pouvaiententendre? ».« et si la notice s’arrêtait là, on pourrait penser qu'il comprend et indique le but réel des paraboles. Mais telle n'est pas l'idée de celui qui à écrit ensuite : « et il ne leur parlait pas sans parabole, mais il expliquait tout en particulier à ses disciples »: car cette remarque se réfère évidemment à ce qui a été dit plus haut touchant. le caractère aveuglant des paraboles. Le Christ ne dit rien au peuple sans parabole, parce que le peuple ne doit pas savoirle mys- … tère du royaume, et il explique tout en particulier à ses disciples, parce qu'il leur a été donné de pénétrer ce mystère. Pour entrer dans l'esprit du dernier rédacteur, il faut admettre que « selon qu'ils . pouvaient comprendre » se rapporte aux « entendants qui ne comprennent pas », et signifie un discours adressé aux oreilles, non à l'intelligence des auditeurs. Interprétation artificielle, la formule « selon qu'ils pouvaient entendre » ne comportant pas la distinetion qu'on est obligé de faire entre l'audition et l'intelligence : s'il s'agit d'ouir, « selon » n'a aucune raison d'être, car, en ce sens-là, les auditeurs n'entendent pas à moitié; et si la possibilité de comprendre est admise, l'audition cesse d’exclure l'intelligence. Comme la rédaction du Semeur avec son commentaire est fort compliquée, la conclusion du discours des paraboles doit correspondre aux deux dernières étapes de cette rédaction.
Dans la source où ‘le premier rédacteur du discours a pris les paraboles, celles-ci n'étaient sans doute accompagnées d'aucune introduction historique ; le rédacteur aura créé la mise en scène, en joignant à la parabole du Semeur une explication qui dérange l'économie du discours, mais qu'il n'a pas su amener avec plus d'habileté, aimant mieux la rattacher directement à son texte, que de la renvoyer après les autres paraboles, en lui créant un cadre “particulier, comme a fait Matthieu pour son explication de l'Ivraie; suivant ce rédacteur, les paraboles sont simplement difhciles à entendre, même pour les disciples, et c'est conformément à cette
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