JüLicner, I
i. On compare Mc. 1v, 28, que Matthieu parail imiler; mais le cas n'est pas le mème : on peut dire que le blé en herbe est le fruit de la terre, non qu'il = est son propre fruil, ou qu'il a pour fruit des épis qui ne sont pas mürs.
Cet
qui demandent à leur Maitre glorifié, qui sait d'où viennent les scandales de l'Église, ce qu'il faut faire de lasemence diabolique, de ceux qui menacent l'ordre des communautés et nuisent à leur édification. Un paysan ne demanderait pas s'ilfaut arracher{l'ivraie : les serviteurs du propriétaire peuvent le demander, parce qu'il ne savent pas s'il faut rejeter impitoyablement hors de la société chrétienne tout membre négligent, suspect, ou pécheur; le dialogue, qui paraitrait dépourvu de sens entre hommes des champs, devient très significatif, car l'on conçoit que les serviteurs-chefs de communautés veuillent savoir s'il faut tout de suite extirper l'ivraie, les prophètes et exorcistes de mauvais aloi, et que le maïître-Christ recommande d'attendre le grand jugement. Le maître semble établir entre ses serviteurs et les moissonneurs une distinction qui n'a pas de raison d'être, s'il s’agit d'un propriétaire rural exploitant son domaine : la distinction est très fondée dans la pensée de l’'évangéliste, parce que les serviteurs sont des hommes, les directeurs d'Églises, et que les moissonneurs sont les anges, qui assisteront le Christ pour le jugement dernier ; cette distinction familière à Matthieu, se retrouvera dans la parabole du Festin !. La précaution de ramasser l’ivraie en bottes pour la brüler, avant que l'on s occupe du froment, ne répond à aucun intérêt du cultivateur : l'éloignement des pécheurs et des damnés est la condition du bonheur des justes et des élus : on he les bottes d'ivraie, comme on lie pieds et poings de l'homme qui était entré au festin sans robe nuptiale *, et ces bottes d'ivraie sont des catégories de pécheurs.
Aucun élément de la parabole ne reste en dehors de l'allégorie. comme il arrive en d'autres cas, où l'allégorie a été comme interpolée dans un récit parabolique. Le détail : « pendant que les hommes dormaient », signifie que Satan fait ses coups dans les ténèbres, introduisant dans les communautés certains éléments de trouble et de corruption, sans qu on l'ait prévu et qu'on s'en aperçoive; ce trait pourrait avoir d'ailleurs une signification allégorique plus préaise, l’évangéliste entendant par « les hommes », non le maître, qui est Jésus glonifié, mais les serviteurs, les disciples, héritiers de l'Évangile, qui sont restés sur la terre : Satan profite de leur
1. Mr. xxu1, 3, 4, 8, 10 (serviteurs); 13 (ministres). 2. Mrs xxx, 13.
/ d'allégorie enseignée et expliquée par le Christ est dépourvu d'au
tient pas comme parabole.
182 LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES inaction ou de leur inattention pour accomplir son œuvre Le sens de la parabole est donc identique à celui du comment Parabole et commentaire appartiennent à l'évangéliste, leur 2 visant une situation qui n'est pas celle de l'Évangile au ten de Jésus, mais celles des premières communautés chrétiennes après un assez long temps de prédication apostolique. Ce cas unic
thenticité. LA
Il n'est pas probable cependant que l'évangéliste ait inventé 42 1 toutes pièces le récit allégorique: il l'a plutôt construit sur une, parabole plus courte ou une comparaison authentique !. La parabole de l'Ivraie et celle du Filet sont visiblement parallèles, et. l’évangéliste a voulu y retrouver le même sens; elles présentent . entre elles la même analogie que le Sénevé et le Levain, le Présor … et la Perle; elles pouvaient être associées dans la source de Matthieu, et l'évangéliste les aura séparées, mettant celle de l'Ivraie » à la place occupée dans Marc par la Semence, et réservant celle du Filet pour la conclusion du discours. Il aura connu une courte ) « parabole de l'Ivraie », selon que lui-même la désigne ?, et il l'aura développée en allégorie. Autant qu’on peut le conjecturer d'après la parabole du Filet, il était question d'un champ de blé où poussait aussi de l'ivraie, et le triage de l’un et de l’autre était renvoyé à la moisson *. Mais il ne suflit pas, pour obtenir cette parabole, « de supprimer le personnage de l'ennemi et la partie du dialogue entre le maitre et les serviteurs, qui se rapporte à son intervention i, car le récit entier peut tenir comme allégorie, et le récit mutilé ne.
L'apologue de l'Ivraie dans Matthieu se trouvant correspotdite) Fa celui de la Semence dans Mare, on a supposé que celui de Mare. dériverait de Matthieu par suppression de l'Ivraie ? : hypothèse” gratuite et invraisemblable, car l'idée de l'ivraie dans le champ. n'avait rien qui pût choquer Mare, et la parabole du second Évan=" gile, parfaitement équilibrée, ne se trahit pas comme une œuvre.