‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 624 sur 807 · SA · texte numérisé non relu

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de Jésus, et cette préoccupation se trahit peut-être dans la comparaison finale, difficile à interpréter comme parole du Christ.

On ne s'attend pas à ce que le Sauveur parle des docteurs du royaume, non qu'il ait eu en horreur jusqu’au nom de « seribe », mais parce que l'idée que représente ce mot est peu conforme à son esprit. Matthieu seul ! attribue aux maîtres de l'Évangile un nom applicable, jusqu'à un certain point, aux prédicateurs chrétiens qui ont continué l'œuvre de Jésus, mais qui ne convient pas plus aux apôtres, avant la mort du Christ, qu'il ne convient au Sauveur lui-même. Le mot « initié » ? n'appartient pas non plus à la langue de Jésus, et l'idée ne s'accorde guère mieux avec la notion primitive du royaume. Pour Matthieu, l'Évangile du royaume peut être une doctrine plus ou moins compliquée, mais Jésus ne le conçoit pas ainsi. Le « docteur initié au royaume » n'est pas précisément un homme instruit en matière de royaume, mais un homme qui a été disciple du royaume, c'est-à-dire de l'Évangile personnifié en maître de doctrine, ou bien qui a reçu l'instruction pour e royaume, la science qui rend ses adeptes mürs pour le royaume des cieux, et qui les y introduit *. Quelque sens que l’on préfère, l'idée de la catéchèse apostolique est au fond, non le message de Jésus.

Le docteur dont il s'agit ressemble à un maitre de maison qui a ses coffres bien assortis en toutes sortes d'objets précieux ou utiles, où il prend du vieux et du neuf ‘, selon les besoins et l'opportunité, pour son usage, celui de sa famille, et le service de sa demeure. C'est sur l'emploi du vieux et du neuf que porte la comparaison, et l'on se demande ce que peut être pour l'évangéliste le vieux et le neuf de la prédication chrétienne. Depuis Irénée, la tradition à vu généralement dans ce vieux et ce neuf

1. V. 52. ôi2 <0Dt0 73: yoauuazsde ualnrsulsis = Bastisix =Gv oboavüv Guide Eaztv 2Dowrw 00357551. Le même mot se retrouve dans xxr11, 34, appliqué aux prédicateurs de l'Évangile; mais, ce passage ayant chance d'être une citation, le rapport tendrait plutôt à faire attribuer xur, 51-52 à l'évangéliste.

2. naÜnteuleis. Dazmax, I, 87, observe que ce mot sans équivalent araméen doit appartenir au langage particulier de l'évangéliste. uabnz:: est d'un emploi rare dans le Nouveau Testament ; on le trouve une fois dans les Actes (x1v, 21), et trois fois dans Matthieu (ici, xxvn, 57, xxvrtr, 19.

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