‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 65 sur 807 · Op. cit. LXXXVII-LXXXVIN · texte numérisé non relu

Op. cit. LXXXVII-LXXXVIN

4. Pp. v-vr. Renan écrit d’abord : « Il faut avouer... que la question a fait, depuis vingt ans, de véritables progrès. Autant l’origine du quatrième Évangile, de celui qu'on attribue à Jean, reste enveloppée de mystère, autant les hypothèses sur le mode de rédaction des Évangiles dits synoptiques ont atteint

un haut degré de vraisemblance. »

plongeäl par aucune racine vivante dans la tradition (évangile de Marcion, évangiles dits apocryphes). » Écrit vers l'an 75 en Batanée, « le protévangile hébreu se conserva en original jusqu'au v° siècle parmi les Nazaréens de Syrie »; il « ressemblait beaucoup à l'évangile grec qui portele nom de saint Matthieu » ; toutefois « la ressemblance. n'allait pas jusqu'à l'identité » ; mais l'évangile hébreu « a été remanié de siècle en siècle », tandis que Matthieu « s'est conservé intact depuis sa rédaction définitive, dans les dernières années du 1*" siècle ! ». « L'Évangile de Marc est moinsune légende qu'une biographie écrite avec crédulité.. L'esprit qui domine » dans cel évangile « est bien celui de Pierre »; « c’est bien à tort qu'on prétend que le Marc actuel ne répond pas à ce que dit Papias »; onya seulement supprimé la finale; Marc s'est approprié la petite apocalypse du chapitre x11, qui se répandit dans la communauté chrétienne vers l'an 61; lui-même écrivit à Rome peu après l'an 70 ?. Le rédacteur du premier Évangile « a pris pour base de son travail l'Évangile de Marc »; «il le complète de deux manières, d’abord en y insérant ces longs discours qui faisaient le prix des évangiles hébreux, puis en y ajoutant des traditions de formation plus moderne, fruit des développements successifs de la légende » ; l'unité de style « porte à croire que, pour les parties étrangères à Mare, l’auteur travaillait sur l'hébreu »; « le progrès de la réflexion est... sensible dans Matthieu; on entrevoit chez lui une foule d’arrière-pensées, l'intention de parer à certaines objections, une exagération dans les prétentions symboliques »; quant à l'esprit, on dirait qu'il « est à la fois juif et chrétien »; il écrivit sans doute vers l'an 85 « en Syrie, pour un petit cercle juif qui ne savait,guère que le grec, mais qui avait quelque idée de l'hébreu # ». Luc écrivit son Évangile à Rome, vers l'an 94; il n'a pas connu Matthieu; il avait « sous les yeux un texte de Marc qui différait très peu du nôtre », et à côté de ce livre, il « avait sûrement sur sa table d’autres récits du même genre, auxquels il fait aussi de larges emprunts »; « peut-être eut-il entre les mains une traduction grecque de l'évangile hébreu »; «il faut aussi attribuer une large part à la tradition orale », et, de plus, Luc ne s’est pas « fait serupule d'insérer dans son texte des récits de son invention »; tandis que Mare et Matthieu « sont neutres, sans parti dans les querelles qui divisaient l'Église. Luc... est ur disciple de Paul,... modéré..., tolérant..…, mais partisan décidé de l'admission dans l'Église des païens, des samari-

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