Op. cit
tains, des publicains, des pécheurs et des hérétiques de toute sorte »; « ses vues sont en parfaite conformité avec celles de Paul »; la valeur historique du troisième Évangile est sûrement moindre que celle des deux premiers ! ».
Ces variations d'opinion ne prouvent pas seulement que la question synoptique a fait des progrès dans l'esprit de l’auteur ; elles correspondent au mouvement général de la critique allemande, que Renan suivait sans s'inféoder à aucun système. Sauf l'identification de l’évangile hébreu avec l'Évangile des Hébreux, et d’autres particularités telles que le rapport spécial de Luc avec Paul, les conclusions du volume publié en 1877 corrigent heureusement celles qui avaient été formulées dans l'introduction à la Vie de Jésus.
Depuis 1861, B. Weiss ? défend avec beaucoup de finesse critique une forme particulière de l’hypothèse des deux sources : le plus ancien docu-
ment, écrit en 67, aurait contenu, avec les discours de Jésus, un certain
nombre de récits allant du baptème de Jean à la conclusion du ministère hiérosolymitain; composé en araméen, il aurait été connu et utilisé par Marc dans une traduction grecque; l’auteur du second Évangile l’äurait complété par les récits oraux de Pierre; le rédacteur du premier Évanvile a exploité le document primitif et Marc; Luc n'a pas connu Matthieu, il a exploité le document primitif, Marc et une autre source d'origine palestinienne ; celle-ci aurait contenu des récits et des discours, et présenté certaines aflinités remarquables avec la tradition johannique concernant la vie de Jésus. Marc aurait écrit en 69, Luc entre 70 et 80; Matthieu peu après 70. B. Weiss a très bien vu que le second Évangile était une œuvre composite, comme le premier et le troisième; mais la question est de savoir si la source primitive des récits de: Marc se confond avec le recueil primitif des discours, ou bien si elle n’a pas eu d’abord une existence indépendante.
H. J. Holtzmann a d'abord * soutenu l'existence d’un proto-Marc, qui se