Das Messiasgeheimnis in den Evangelien
LA CRITIQUE MODERNE el
avoué Messie devant personne, et, après cette confession, il interdit à ses disciples de dire qu'il est le Christ; cependant les démoniaques, depuis le commencement, ont salué Jésus comme Fils de Dieu, malgré ses défenses ; Jésus lui-même s’est déclaré publiquement Fils de l’homme, c'est-à-dire Messie, en deux occasions qui précèdent la confession de Pierre; partout les manifestations messianiques contrastent avec les précautions prises par Jésus pour écarter l’idée du Messie; les apôtres euxmêmes sont censés comprendre et ne pas comprendre ; leur inintelligence devant les prophéties les plus claires de la passion et de la résurrection est visiblement une thèse de Marc, en rapport avec la thèse du secret messianique. Wrede croit trouver la clef de ces énigmes en ce que Jésus ne serait jamais dit Messie, même devant ses disciples ; ceux-ci l'auraient cru Messie quand ils le crurent ressuscité ; puis la tradition aurait anticipé la gloire messianique dans la carrière terrestre de Jésus ; de là viendraient les récits du baptème, de la transfiguration, les déclarations des possédés, les aveux de Jésus lui-même, les miracles publics; d'autre part, l'idée du secret imposé faisait droit à la tradition historique et devait expliquer pourquoi Jésus n'avait pas été regardé comme Christ avant sa résurrection.
Cette solution radicale, conçue en face de données véritablement incohérentes, ne rend compte ni de la carrière de Jésus, qui est mort comme prétendant à la dignité messianique, ni de la foi des apôtres, qui n'auraient pas cru Jésus ressuscité s'ils ne l'avaient cru d’abord appelé au rôle de Christ, ni de la composition du second Évangile, où il convenait de chercher premièrement la clef des difficultés que présente le récit. Le caractère du secret messianique est très complexe dans Marc, et il y avait à faire la part de la réserve que Jésus a réellement et nécessairement observée sur ce point, de l’objet spécial sur lequel est censé porter l'inintelligence des apôtres, à savoir la signification et la nécessité de la mort du Christ, enfin de la théorie qui voit dans le secret messianique le moyen providentiel de l’aveuglement des Juifs.
P.-W. Schmiedel ! se rallie en principe à l'hypothèse des deux sources, Marc et les Logia, mais il observe que le travail littéraire qui aboutit à la rédaction des trois premiers Évangiles n'est pas contenu en des termes si simples, et qu'il y a eu des sources de sources. Marc et les Logia n'étaient pas, dans la forme où Matthieu et Luc ont pu les utiliser, des œuvres entièrement homogènes et de première main. Le second Évangile ne peut pas être un simple écho de la prédication de Pierre: l'apôtre Matthieu ne peut ètre l’auteur des Logia grecs que le rédacteur du premier Évangile a exploités, mais il peut être l’auteur d'un écrit araméen