Art. Gospels, EB. II
plus ancien; le premier Évangile n'aurait acquis sa forme actuelle que vers l'an 120, mais il aurait pu être connu de Luc dans une rédaction antérieure où manquaient encore les récits de l'enfance, la promesse du. Christ à Pierre, et d’autres morceaux propres au Matthieu canonique Marc n'aurait reçu sa forme définitive qu'après Matthieu et Luc; Pauteur. du troisième Évangile, qui n'était pas le disciple de Paul, aurait écrit vers 100-110. | W. Soltau ! maintient que Marc, recueil un peu augmenté des récits de Pierre, et non un proto-Marc, a servi de source à Matthieu et à Lue; ces deux évangiles dépendent pareillement d’une autre source pour les discours du Seigneur; mais la seconde source se serait présentée à Luc sous une forme plus développée, en sorte que le rédacteur du troisième Évangile devrait aux Logia tout ce qu'il n'a pas pris dans Mare, sauf les récits de l'enfance et un petit nombre de traits légendaires; une première édition du Matthieu grec, vers 75, aurait été connue par Luc; l'édition définitive, avec les récits de la naissance et d'autres morceaux propres à Matthieu, postérieure au troisième Évangile, aurait été rédigée vers 110. Sur ce dernier point, Soltau s'accorde donc à peu près avec Schmiedel!: Selon J. Weiss ?, l'Évangile de Marc n'est pas une œuvre littéraire mi une biographie du Christ, mais un recueil de prédication apostolique, dépourvu de caractère personnel, ce qui explique la façon dont il a été exploité par Matthieu et par Luc. Les souvenirs de la première commu naulé y sont comme encadrés dans les idées de Paul : c'est en paulimien que l'évangéliste apprécie l'attitude des Juifs à l'égard de Jésus, et la conduite des apôtres galiléens ; qu'il insiste sur les prophéties de la passion: qu'il parle de la mort rédemptrice ; qu'il raconte la dernière cène; quil rattache une signification symbolique aux anecdotes traditionnelles. Mare a eu des sources, et il dépend, pour une bonne partie de ses matériaux, du document dont on admet que Matthieu et Luc dépendent pour les discours du Seigneur. Comme le même travail rédactionnel se remarque partout, même dans les récits où l’on croit reconnaitre des souvenirs de Pierre, on ne voit pas pourquoi J. Weiss n’admel pas que, pour ces récits également, Marc dépende d'une source écrite, que cette source soit ou non distincte de celle où 1] a puisé, avant Matthieu et Luc, les discours de Jésus. J. Weiss pense, comme Schmiedel, que la rédaction définitive de Marc se place après celle de Matthieu et de Luc. Mais l'hypothèse du deutéro-Marc n'a plus guère de raison d'être si le second Évangile a eu des
1. Eine Lücke der synoptischen Forschung (4899). Zur Entstehung des 1 Evangeliums (Zeitschrift für die neut. Wissenschaft, 1900). Unsere Evangelien, ihre Quellen und ihr Quellenwert (4904).