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préparation du royaume parait maintenant plus laborieuse, et que le Sauveur, pour effectuer le groupement des enfants du royaume, a besoin d'affirmer sa mission de chef du ralliement.
L'expression adoucie de Matthieu : « Qui aime père ou mère plus que moi », se trouve mieux adaptée à la réalité de l'existence et à la condition commune des hommes. Si le monde doit durer, il est impossible de les soustraire en masse aux devoirs de famille et de société : on dira seulement que, pour avoir part aux bienfaits de l'Évangile, on doit faire passer l'amour de Jésus avant toute affection terrestre, l'intérêt du salut avant les intérêts du monde.
Mais il ne suffit pas de renoncer à sa famille, il faut renoncer à soi-même et à sa propre vie, il faut porter la croix derrière Jésus, et sans doute comme lui. Bien que cette allusion au supplice du crucifiement se soit trouvée dans Marc et dans le recueil de discours, ou peut soupçonner qu'elle a été ajoutée dans la tradition !, par manière de commentaire, à la déclaration touchant la nécessité de perdre sa vie dans le temps pour la gagner dans l'éternité. Le supplice de la croix n'était pas usité anciennement chez les Juifs, mais il avait été introduit par les Romains. Comme le condamné portait lui-même l'instrument de son supplice jusqu'au lieu de l'exécution, dire qu'il faut porter sa croix derrière Jésus est dire qu'on doit le suivre sous la persécution et jusqu'à la mort du martyre ?. Cette exhortation ne se présente pas comme une prophétie dont les apôtres n'auraient pu voir la portée que plus tard ? : elle ne serait pourtant pas autre chose si elle avait été rellement prononcée; elle n'a de sens que relativement à la passion, et pour qui connaît les circonstances de la mort de Jésus. Car il ne s'agit pas d’une éventualité qui pourrait se produire : les disciples doivent être prêts à mourir comme leur Maître: ni de supporter les peines quelconques de la vie : les disciples sous la croix. derrière Jésus, sont des condamnés à mort. C'est la même idée qui est présentée, sous une forme plus intelligible et d’une authenticité incontestable, dans le Jeu de mots sur la vie à perdre et à gagner.
Le sacrifice absolu que l’on fait à la cause de l'Évangile n'est pas
1. Hozrrzmann, 235. Ss. el quelques autres témoins n'ont pas Le. 25; mais ce peut être accident de copie (homéoteleuton).
2. Ce n'est pas précisément la même idée que Gaz. m1, 19; vr, 14.