‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 738 sur 807 · yao Cuyos pou yenotoc zai T0 o0Tioy uou £Aagpüv Éortv · texte numérisé non relu

yao Cuyos pou yenotoc zai T0 o0Tioy uou £Aagpüv Éortv

La locution +axev0: 7 xaod!a est dans le style de l'évangéliste; cf v, 4, mcwyoi r@ rveduart. roac est en rapport avec v, 5. Voir supr. pp. 545, 548. 3. Cf. Jér. vi, 16, d'où vient le dernier membre du v. 29; mais Matthieu suil l'hébreu et non les Septante ; Ecezr. Lr, 1, pour'le v. 25; et 23-30, pour les vv. 28-30. Dans la version grecque d'Eccezr. 11, 26, on lit :

TOY TpaynAov buy brobere ro Cuyov,

zai intdekdolu 1 Luyn buy radetar.

Mais le mot zaudeta peut remplacer un terme figuré. L'Ecclésiastique hébreu donne Kw, « fardeau » (cf. Lévr, L’Ecclésiastique, II, 230) : 26. Amenez volre cou sous son joug, Et que votre âme, se charge de son fardeau.

L'auteur de Mr. 23-30, ne lisait donc pas seulement Jérémie, mais aussi l'Ecclésiastique en hébreu, ou dans une autre version que les Septante. En tout cas, la présence du « fardeau » dans l’Ecclésiastique hébreu (bien que le syriaque soit conforme au grec et suppose aussi 9D1, au lieu de KNYM) confirme la dépendance de Matthieu. Et ne dirait-on pas qu'il identifie Jésus avec la Sagesse, dont Ben-Sira parle en cet endroit? Le fait est qu'on lui verra mettre dans la bouche du: Sauveur {xxu1, 34-36) une parole qui, dans Luc (x1, 49-50) est attribuée à la Sagesse. On a noté plus haut que Ben-Sira donne à Dieu le nom de « Père », dans 1, 1 et 10, en sorte qu'une influence du cantique peut être admise pour Mr. 27. L'évangéliste a interprété la prière de Jésus Ben- Sira en prière de Jésus Fils de Dieu. L'identification de Jésus avec la Sagesse pourrait expliquer le ton de Mr. v, 21-22, 27-28, 31-32, 33-34, 38-39, 43-44; mais surtout elle rendrait compte de xr, 27, la connaissance réciproque du Père et du Fils étant le rapport de Dieu avec la Sagesse.

A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques. 58

prétée par les pharisiens !. Enfin ce passage paraît ê a Évangile, l'équivalent de ce que Jésus, d

semble avoir exploité la dorée du second 1 Évangile a. au sens qu'il donnait au discours : le repos auquel Jésus invite. auxiliaires fatigués devient le repos qu'il donne à ceux qui croient en lui, qui laissent tomber le fardeau insupportable de la Loi pour. prendre sur eux la charge facile de l'Évangile. Comme on ne voit pas bien pourquoi Luc aurait omis une pareille. | ke à exhortation, si elle avait appartenu à la rédaction des Logia, et pourrait être tenté de penser que la conclusion du discours était plutôt celle que donne le troisième Évangile, et que Matthieu a aura transposé cette conclusion dans le discours des paraboles, parce que le mot de Marc : « Venez à l'écart, en lieu désert, et reposez-vous un peu », lui en suggérait une bien meilleure et plus. à significative. Ce serait prêter à Luc des scrupules pauliniens dont on n'a pas la moindre trace ailleurs, que de le supposer déconcerté par les mots « joug » et « fardeau », qui lui auraient semblé tout à À fait impropres à caractériser l'Évangile *. Mais l'ensemble du discours, dans Matthieu, paraît d’une seule venue, quel que soit son rapport avec la finale du premier Évangile et avec Marc. Il reste … vraisemblable que Luc l’a connu tout entier, et qu'il en a omis la dernière partie, en retenant ici un autre morceau de la source, plus ancien probablement, qui lui semblait mieux en situation et lui agréait mieux. Le ton mystique du passage qu'il omet a pu ne pas

lui convenir, et il a pu trouver aussi que la parole : « Je suis doux et humble de cœur », ne relevait pas suffisamment le Christ. Les expressions : « fatigués » et « chargés », semblent viser

directement le poids accablant du pharisaïsme et des observances légales ‘: mais on peut dire que le discours atteint, sous cette image particulière, tous les maux qui pèsent sur le genre humain, surtout le péché avec ses conséquences morales, et les défaillances de la volonté, le découragement, la tristesse. Jésus seul peut soulager

( XXII, #. 2 à 3; cf. supr. p. 902, el remarquer les expressions Ôsdze, 2v4radsasle. 3: Se HANZ, 306.

XXII, +, Supr'. Cil.

l'humanité de ce fardeau dangereux, il ne souhaite rien tant que d'y réussir. Pour cela, il suffit que les hommes échangent leur fardeau pour son joug, non le joug qu'il porte, mais celui qu'il impose, c'est-à-dire qu'ils deviennent ses disciples et observent ses préceptes. La métaphore du joug est employée dans le style rabbinique |! pour signifier la discipline morale de la Loi. Le joug de Jésus est donc la justice chrétienne, telle qu'elle est décrite, par exemple, dans le discours sur la montagne. Jésus en est à la fois le législateur et le modèle : il prêche et il a pratiqué la mansuétude et l'humilité du cœur. On s’instruit en l’écoutant, on sera parfait en l’imitant. La traduction : « Apprenez de moi que je suis doux », est moins autorisée par le contexte que: « Réglez-vous sur moi, parce que je suis doux ? », car elle introduit une idée nouvelle au lieu de l'explication que l'on attend pour justifier le précepte : « prenez mon Joug », et la promesse : « vous trouverez du repos ». Instruits par la parole et l'exemple de Jésus à pratiquer comme lui la douceur et l'humilité, les crovants trouveront la paix à laquelle aspirent leurs âmes épuisées, et ils éprouveront que le joug sous lequel ils se sont inclinés est doux à supporter *, que le fardeau imposé par le Sauveur à ses disciples est léger. Tout est facile à ceux qui l’aiment. Mais il ne garantit rien aux orgueilleux : ilna rien à donner à ceux qui se croient Justes, comme il ne révèle rien à ceux qui se croient sages ‘.

PACrtEcerr-er:26,supr- cul. p.913, n. 3.

2. Le contraste entre le v. 27 et le v. 29, entre le Fils, qui seul connait le Père, et le maître humble, pourrait être en rapport avec la christologie de l’auteur, l’antithèse du Fils de Dieu et du Fils de l'homme.

3. 72570; pourrait signifier aussi « salutaire » et « bienfaisant ».

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