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pourquoi il le fait; ilaen vue l'instruction de ses disciples autant
que le soulagement du peuple ; ou plutôt, selon l'esprit de
récit, il veut leur faire entendre quelle est leur mission par rap= port au peuple, au monde. Les disciples sont fort étonnés. Faut-il.
donc qu'ils courent eux-mêmes acheter des vivres? Et avec quel argent ? S'en tirerait-on à moins de deux cents deniers ! pour l'achat du pain ? Et Jésus doit savoir qu'ils n'ont pas deux cents deniers à leur disposition. L'objection est vivement présentée dans Marc, atténuée dans Luc, supprimée dans Matthieu. Jésus ne s'y arrête pas ; il ne songe pas à l'argent pour des achats à faire, mais aux provisions actuellement disponibles. Il s’informe de celles que lon a : cinq pains et deux poissons, c'était tout ce que les apôtres avaient en réserve pour lui et pour eux ; puis il ordonne de faire asseoir, ou plutôt coucher tout le monde ? sur l'herbe.
La foule se range par groupes de cinquante ou de cent personnes, d'après Marc, Luc ne retenant que le premier chiffre, et Matthieu, qui abrège sensiblement le récit, n’en donnant aucun. Cette distribution pourrait être en rapport avec l'usage des premières communautés pour le repas eucharistique ; en tout cas, les évangélistes n'entendent nullement signifier que l’on s’est réuni autour de ceux qui, dans la foule, avaient des provisions comme les apôtres, et les mettaient à la disposition du public * ; réalité ou symbole, l'histoire n'a un sens que si la foule tout entière participe aux cinq pains et aux deux poissons bénits par le Sauveur. Jésus, en effet, prenant les cinq pains et les deux poissons, lève les yeux au ciel et prononce les paroles de la bénédiction ; il agit conformément à l'usage des Juifs, et tient, dans cette assemblée, la place du père dans le repas de famille. D'après Matthieu, il ordonne d'abord qu'on lui apporte les pains, ce qui est sous-entendu par Mare et par Luc. Le détail est sans importance, car Matthieu s'abstient ensuite de dire que Jésus prit les pains ; il a donc remplacé la donnée de Marc par un équivalent. On ne peut s’autoriser de cette particularité du premier Évangile pour dire ‘ que Jésus, en se faisant apporter les provi-
4. Environ cent soixante-quinze francs. Ss. : « cent deniers. »
2. Ss. omet svur6stx suurés:z dans Mc. 39. Doublet de zpastai au v. 40? Ss. paraît avoir lu, dans 40, suuxsta, et non rpastat, Le. 14. « car ils sont cinq mille hommes », Ss. rattachant 14 a au discours des disciples.