‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 758 sur 807 · Id · texte numérisé non relu

Id

sions, a donné l'exemple du partage fraternel à ceux qui avaient des vivres avec eux. Matthieu, comme les autres évangélistes, æ voulu signifier que la multiplication des pains s'était faite par la seule volonté de Jésus, sous son influence immédiate et par l'efficacité de sa bénédiction. La prière de Jésus est suivie d'un effet merveilleux, bien qu'on n'ait pas lieu de supposer pour cela que la formule en aurait été différente ! de celles qui étaient ordinairement employées. Le Christ rompt les pains, gâteaux plats de médiocre épaisseur, et les disciples distribuent les morceaux à la foule ; il partage de même les deux poissons ; pains et poissons. se multiplient sous sa main de telle sorte qu'il a préparé, que les. disciples ont servi assez de portions pour rassasier cinq millehommes, auxquels Matthieu, moins peut-être pour grossir le: miracle que pour mieux représenter les assemblées chrétiennes, ajoute des femmes et des enfants. On ne saurait affirmer si leprodige est censé résulter de la bénédiction ou seulement del'action de Jésus, ou des deux ensemble : et il est superflu de sedemander si chaque pain rompu se multiplie jusqu'à suffire à millehommes, ou bien si les pains se renouvellent à mesure de la distribution.

Après le repas, on ramasse encore douze corbeilles de restes, Juste autant qu'il y a d'apôtres, chacun de ceux-ci étant censé avoir apporté sa corbeille *. Bien qu'on ne le dise pas expressément, cesont les apôtres qui enlèvent les restes, comme ils ont servi lerepas ; ils sont ainsi mieux pourvus qu'ils ne l'étaient au commencement, et ilest clair que leur provision nouvelle pourrait suffire, em cas de besoin, à une foule aussi nombreuse qu'on voudra la supposer. Il y a aussi proportion entre le nombre des pains et celui des. personnes rassasiées : le miracle ressort tout naturellement de ce qu'un pain a suffi pour mille personnes. La proportion n'existe paspour les poissons ; mais peut-être convient-il d'observer que cinq pains et deux poissons font sept, nombre symbolique et parfait, qui est celui des pains dans le récit de la seconde multiplication 5, où

1. Scuanz, 356 : « Bénédiction solennelle qui indiquait l'union avec le- Père ». Les yeux levés au ciel marquent l'attitude de la prière (Weiss, E. 92), non sa forme spéciale en cette occasion.

2. Il s'agit, croit-on, d'une corbeille que les gens du commun emportaient en voyage. Pas d’allusion au Ps. Lxxxr, 7.

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