TL Rors, xvnr
5. II Roïs, 1v, 38-44. É 6. Surtout la multiplication des pains d'orge (cf. Jx. vi, ©) par Élisée, dont le cadre est celui du récit évangélique : ordre du prophète, objection du serviteur, réitération de l’ordre, exécution, surabondance du repas. fie C. vi. Voir QÉ. 420-432.
une sorte de répétition allégorique de ce qui le précède, enseignement dans Marc, guérisons dans Matthieu, enseignement et guérisons dans Luc. Jésus a deux fois pitié de la foule: dans Mare, il a pitié de l'abandon où il la trouve, brebis sans berger, peuple sans guide ; il instruit pour la nourrir spirituellement ; le soir venu, il a de nouveau pitié parce que l'auditoire a faim, et le miracle semble faire pour le corps ce que le discours a fait pour l'esprit ; la juxtaposition a presque l'apparence d'un double emploi, que l’auteur du quatrième Évangile a évité; le double emploi cependant n’est pas absolu dans Marc, la signification du symbole étant plus large et compréhensive que celle du simple récit qui le précède; on est parti de la parole, et l'on arrive à l’idée de la communauté chrétienne, vivant sans doute de la parole, mais aussi de son union avec le Sauveur et en lui.
Dans Matthieu, l’on dirait que Jésus ranime la vie des malades avant de soutenir celle de la foule ; mais le changement de mise en scène ne correspond à aucune intention symbolique ; le rapport du miracle avec la parole échappe au rédacteur ; 1l entend le miracle plus matériellement que Marc, et il n'y voit plus qu'une figure simplifiée, celle de la communauté chrétienne réunie par Jésus dans l'agape-charité. La combinaison des guérisons avec le discours, dans Luc, aboutit au même résultat : la relation symbolique du discours et du miracle n'est plus sentie ; le miracle est conçu comme un fait représentatif de l’agape chrétienne.
La signification des douze corbeilles de restes a dû être primitivement en rapport avec l'idée de la parole perpétuellement inépuisable et féconde. Les évangélistes l’entendent sans doute du don spirituel, de tous les biens de l'Évangile, dont les apôtres et l'Église sont restés dépositaires ; mais ils n’atteignent pas à la synthèse johannique du pain de vie. Le repas de la foule est bien l’image du repas de la communauté, et ce repas est présidé par le Christ invisible, c'est un repas d'union et de charité, toujours renouvelable, comme l'union qu'il signifie est permanente ; rien toutefois ne laisse deviner le réalisme mystique de Paul et de Jean, qui est aussi dans les paroles de l'institution eucharistique. Le rapport de la multiplication des pains avec l’eucharistie est sensible dans les détails de la bénédiction et de la fraction du pain. Le rôle des disciples a plus de signification à l'égard de la parole qu'à l'égard de l’eucharistie. Ce ne doit pas être pour la vérité de la
chronologie que la multiplication des pains suit la mi apôtres. Les disciples distribuent le pain que Jésus | en annonçant l'Évangile qu'il leur a confié, et le salu apportent leur demeure encore après qu ‘ils l'ont commun
L'hypothèse critique d'une comparaison entre la nou rituelle par la parole, et la nourriture corporelle par le pain, métaphore où celle-ci ne celle-là !, et qu aur
faire un épisode de la vie de Fée n’est donc pas à Re | manière absolue, car elle a un fondement dans les textes. On douter que l'origine de la tradition soit mieux expliquée si joint à cette hypothèse, où il entre une part de certitude, l'h thèse naturaliste, qui est une pure conjecture. Mais on doit a admettre une imitation de l'Ancien Testament ?. En tout cas, mesure d'allégorie qui apparait dans la PRE et celle, coup plus considérable, qui se laisse deviner avec vrais permettent pas de définir l'incident qu aurait donné lieu au récit la multiplication des pains, supposé qu'un tel incident, et non une parole du Christ, combinée avec le souvenir de repas-communs | présidés par lui, soit le point de départ de la tradition. La question de Do nie n'a pas besoin d'être discutée. A lire le premier narrateur, on se douterait à peine qu'il s'agit d’un miracle, le récit flottant, pour ainsi dire, et très consciemment, entre le symboléet la réalité:
1. Non d'une parabole où Jésus aurait figuré les fruits de la parole enun récit fictif de pains multipliés (P. Scamievec, E B. II, 1882); car cette para- '. bole aurait été une allégorie, et l'on ne voit pas que Jésus ait employé une telle forme d'enseignement.