‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 761 sur 807 · JÉSUS SUR LA MER. À GENNÉSAR · texte numérisé non relu

JÉSUS SUR LA MER. À GENNÉSAR

Marc, vi, 45-56. Marra. x1v, 22-36.

Le récit de la multiplication des pains, où il entre au moins une part de symbolisme, est suivi d’un autre récit que l’on peut dire purement symbolique, après lequel vient une relation de voyage où l’on peut voir un souvenir historique.

Marc, vi, 45. Et aussitôt il contraignit ses disciples à entrer dans la barque et à le devancer à l’autre bord, vers Bethsaïde, pendant que lui-même congédierait la foule. 46, Et ayant pris congé d'eux, il s'en alla sur la montagne prier. 47. Et le soir venu, la barque était au milieu de la mer, et lui seul à terre. 48. Et les voyant peiner à la rame, car le vent leur était contraire, vers la quatrième veille de la nuit il vint à eux en marchant sur la mer; et il était sur le point de les dépasser. 49.

Et eux, le voyant marcher sur la mer,crurent que c'était un fantôme, et jetèrent des cris; 50. car ils le voyaient lous, et ils étaient épouvantés. Et lui aussitôt parla avec eux et leur dit : « Rassurez-vous, c'est moi,ne craignez pas. »

Marru. x1v, 22. Et aussitôt 1l contraignit les disciples à entrer dans la barque et à le devancer à l’autre bord, pendant qu'il congédierait la foule. 23. Et ayant congédié la foule, il monta sur la montagne, à l'écart, pour prier. Et le soir venu, il était là seul, 24. et la barque, déjà au milieu de la mer, était tourmentée par les flots, car le vent était contraire. 25.

Et à la quatrième veille de la nuit, il vint à eux en marchant sur la mer. 26. Et les disciples, le voyant marcher sur la mer, furent épouvantés, disant que c'était un fantôme, et de frayeur ils jetèrent des cris. 27. Et aussilôt Jésus leur parla disant : « Rassurez-vous, c'est moi, ne craignez pas. »

Le repas fini, Jésus oblige à remonter dans la barque ses disciples, qui ne comptaient pas s'en retourner si tôt, et qui auraient préféré l'emmener avec eux ou rester avec lui. Ils doivent prendre les devants pour gagner l'autre rive, pendant que Jésus reste afin de

congédier la foule. Marc! ajoute la mention de B ce qui a donné lieu aux commentateurs de suppose sur la rive occidentale du lac?. Mais on a douté que le dernier terme de la traversée, et l’on y a vu le vous indiqué par Jésus *, qui, tout en ne voulant p faire ses adieux à la foule, ni surtout lui laisser voir où n'aurait pas eu l'intention de regagner à pied la côte occide d'y renvoyer ses disciples sans lui. La mise en scène m netteté. Il se pourrait que la multiplication des pains n'ait localisée d’abord sur la rive orientale ‘. L Après s'être séparé de la foule ?, Jésus se retire sur la montag pne pour prier, et quand Ja nuit est venue, il s'y trouve seul. ne déjà tard quand Jésus.a distribué les pains à à la foule, et cepen: le Sauveur a encore le temps de gravir la montagne avant que Fe soir vienne définitivement. Cette difficulté, moins apparente ‘dans! Fa Mare, est aggravée dans Matthieu, qui, par inadvertance, fait arriver deux fois le soir à la fin de la même journée ?. Il ne dit ee Bethsaïde, et supprime ainsi l’embarras qui résulte de cette indication géographique. Car, si Jésus est allé prier sur la montagne jus- « qu'à une heure avancée de la nuit, il n’a pas dû obliger ses apôtre à l'attendre en cet endroit. + On dirait que ce récit a existé d’abord indépendamment Pas première multiplication des pains, et qu'il y aurait été rattaché Fe 18e 1. V. 45. vai e00ds nvayzasev robs ualntxs adtod inffvar sl; x0 rAoïoy xal rpodÿelW l els T0 répav rp%ç Bnüsxïddv. La leçon : « a (in contra) Bethsaïda », dans quelques miss. latins, est sans doute une rectification voulue. + 134 "Cf-sapr. p4811,-n.8, SA 3. (ee 140. sis ro répav désignerait le but du voyage, et 720 Enlsaïdév à , serait une indication subsidiaire qui ne préciserait pas l’autre, et s'en distinguerait même tout à fait. L'omission de els +6 rézav dans Ss. pourrait être une correction. Vu la confusion qui règne dans cette partie du second Evangile, … il est permis néanmoins de supposer que le texte primitif mentionnait seule ment Bethsaïde, sis +0 rioav ayant été ajouté d'après Mr. xrv, 22, et que Mc vu, 22-26 a été écrit d'abord pour faire suite à vr, 45-52. Comme le récit dela # traversée parait avoir une signification leche le nom de Bethsaïde (na. RUE lieu de pêcherie) pourra ètre en rapport avec cette signification. 4. Cf. WELLHAUSEN, Mc. 54. 4 5. V. #6, ärozxfdusvrs aÿro%. Le pronom se rapporte à la foule, non aux 4 disciples. “ 6. Cf. v. 3%. fn wpa ro.

TON. Aebt 29: oYixs dè yevousvne.

artificiellement, peut-être à raison d’une certaine analogie de caractère et même d'objet. On a supposé qu'il avait pu suivre originairement la seconde multiplication des pains !, et peut-être y a-t-il quelque rapport entre cette mention de Bethsaïde et celle qu'on trouve avant la guérison de l’aveugle?. Les deux multiplications semblent avoir commandé deux séries parallèles d’anecdotes et d'instructions qui ont pu s'enchevêtrer dans la rédaction dernière de Marc. Il est plus facile aujourd'huï de constater le désordre que d'y remédier. Le présent récit a sa signification complète dans les circonstances morales de l'incident : les disciples, embarqués sans Jésus, qui s'est retiré vers les hauteurs, rament péniblement jusqu’à ce qu'il vienne les rejoindre à la fin de la nuit; il s'agit d’un départ et d’un retour du Christ, sous lesquels on peut entrevoir le grand départ de la mort, et le grand retour dans la gloire.

Ainsi les apôtres s'en allaient parce que Jésus leur avait commandé de partir; ils avançaient en pleine mer, et ils étaient au milieu du lac, non seulement sur l’eau, à quelque distance du bord, parce que Jésus leur avait dit de passer à l’autre rive. Pendant ce temps, le Sauveur, sur la montagne, priait. Et les disciples peinaient à la rame, et ils n'avançaient que fort lentement, parce que le vent était contraire. Les commentateurs pensent que ce vent était celui du nord-est, qui poussait la barque vers le sud-ouest, et l’empêchait d'aborder à Bethsaïde?. Les évangélistes n’en savent pas si long. Marc ne dit nullement que les disciples fussent entraînés dans une direction opposée à celle qu'ils voulaient suivre, mais que, arrivés au milieu de la mer, ils étaient gênés par le vent dans leur traversée #; il ne les présente pas comme en danger; Matthieu seul, en disant que la barque était tourmentée par les flots ?, laisse entendre qu'il y avait péril, ce qui crée une situation identique à celle qui occasionne le miracle de la tempête

4. J. Weiss, 434. Dans ce cas, le récit de la tempête (Mc. 1v, 35-41) aurait pu se rattacher primitivement à la première multiplication. Cf. supr. p. 794, n. 2.

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