‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 78 sur 807 · var · texte numérisé non relu

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vraisemblable. N'est-1l pas singulier que, dans l’histoire du paralytique, on puisse obtenir un récit bien équilibré en laissant de côté toute l'argu-

mentation de Jésus contre les pharisiens !? Cette argumentation est

d’ailleurs beaucoup plus facile à comprendre au point de vue du christia=-

nisme primitif qu’à celui de l'Évangile, et la conclusion du récit 2 se.

rapporte seulement au miracle, sans aucun égard au scandale que les pharisiens ont éprouvé sur la doctrine. L'histoire de Lévi contient deux éléments distincts qui semblent artificiellement soudés : la vocation du publicain, et la réponse du Christ à ceux qui le blâment de manger avec les publicains et les pécheurs *. L'idée d’un repas chez Lévi * a fourni la transition entre les deux; mais cette transition est si gauche qu'elle se trahit comme addition rédactionnelle. Marc a dû trouver dans la tradition écrite les paroles concernant le jeûne, mais il entend de la mort du Christ une comparaison qui s’est plutôt rapportée d’abord à la mort de Jean-Baptiste. La conclusion naturelle de la première histoire sabbatique est dans la sentence : « Le sabbat est fait pour l’homme... », qui est doublée par la réflexion sur « le Fils de l’homme maître du sabbat » >. La conclusion de la deuxième histoire $ a servi d’abord à préparer le dénouement de :a carrière du Christ ; histoire et conclusion ne devaient pas être à cette place dans la source où le rédacteur les a prises.

Depuis cet endroit jusqu’après la seconde multiplication des pains © la plus grande confusion règne dans le récit. L'idée dominante, surajoutée

aux matériaux traditionnels, paraït être la mission des apôtres à Israël,

avec l’arrière-pensée de leur insuffisance pour ia prédication aux Gentils, qui est le but final de l'Évangile.

La dispute concernant les exorcismes est visiblement interpolée dans l'anecdote relative aux parents qui veulent ramener Jésus chez eux Se Marc a dû la prendre à la source où Matthieu et Luc ° l’ont empruntée. Les deux récits qui précèdent !° doivent appartenir à la rédaction, et ils sont destinés, le premier, description générale de l’activité bienfaisante

1. Faire suivre 11, 5 a : «Et Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique », de ce qu'on lit plus loin, v. 11 (après répétition de la même formule) : « Lève-toi, prends ton lit et va chez toi ».

2er, 42. CioMr. 1x, 8:50 LC.v, 26.

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