B. Weiss, Mk
2. B. Weiss (loc. cit.) suppose que Mc. 24, ai eiselwv els otxiay 2rÀ. est une suture pour rattacher le récit de miracle au voyage de Tyr.
3. V.26. n à yuvn nv ‘EXnvé, Dupogorviasoa 5 vive. Dans Ss. : « Cette femme était une veuve, du pays de Tyr de Phénicie. » Les Homélies pseudo-elémen- … tines (ap. Rescu, 11,179) appellent la femme Jusla, et sa fille Bérénice. On a vu plus haut (p. 820, n. 3) que ce dernier nom avait été donné aussi par la tradition légendaire à l'hémorroïsse.
4. V. 22, Expatev (BD ; N, #xoaËey ; témoins plus récents, éxpañyasev) Aéyousa" Shénadv pe, xôpre vids Aaueid,
Jéricho !. L'évangéliste trouve naturel que cette femme, qui figure l’hellénochristianisme, reconnaisse Jésus pour le Messie. Dans la réalité, elle n’a pu le connaître que comme le prophète et thaumaturge galiléen. Afin de ménager les instances ultérieures et d’amener une déclaration de Jésus lui-même sur le programme de sa mission personnelle, Matthieu représente le Sauveur comme insensible à la prière qui lui est faite. Jésus se tait, et l’on dirait qu'il dédaigne d’adresser la parole à la cananéenne, ne füût-ce que pour lui déclarer qu’elle n’a rien à attendre de lui. De tels sentiments ne sont pas ceux du Christ historique, et l’évangéliste n’a pas songé qu'il faisait tort au caractère de Jésus * en le montrant si obéissant à la loi de sa vocation providentielle. Cependant les disciples, importunés par les cris de la femme, et supposant que leur Maître en est également fatigué, croient devoir intervenir. Ils s'approchent et lui conseillent de renvoyer la femme, en lui accordant ce qu'elle demande, pour se débarrasser d'elle. Matthieu n'ayant pas dit que Jésus ne voulait pas être connu, les disciples ne doivent pas être censés craindre que les propos de la femme n'instruisent d’autres personnes. Jésus leur répond qu'il est envoyé seulement aux brebis perdues de la maison d'Israël 3 : il ne doit pas prêcher l'Évangile ni faire des miracles pour les païens.
Ces paroles écartent une difficulté qui s’est posée beaucoup plus tard devant la conscience chrétienne : si le Christ était le médiateur du salut universel, pourquoi donc ne s'est-il adressé qu'aux Juifs ? Personnellement, observe l’évangéliste, il était envoyé à Israël par son Père; mais il devait, après sa résurrection, envoyer ses disciples à tout l'univers. La philosophie générale du mouvement chrétien, esquissée dans le discours de mission, et qui se retrouvera dans les instructions du Christ ressuscité, domine également le présent récit, et inspire les additions ou retouches pratiquées par Matthieu.
Nonobstant les unes et les autres, le cadre de Marc n’est pas abandonné. On ne saurait dire où est Jésus quand la femme l’interpelle pour Ja première fois ; on ne voit pas non plus où se trouvent les disciples et la femme ; les disciples s’approchent du Christ, et la
1, Cf. Mr. xx, 30. Exo2Eav Aéyovzes" 2ôp1e, Elénsov Quäc, vios Aavetd, 2. WVERNLE, 167.
3. V.24. où areoréAnv ci un els tx mobBara tà axokwAta oxou ’IspañX. Cf. x, 6 :
supr. p. 865.
et apologétique : RU Jésus est sollicité pour la troisième narration n'est pes plus avancée qu'au commencement ! ; É lecteur sait à quoi s'en tenir sur la mission du Christ rélitie aux Juifs et relativement aux païens. Les moyens par Lots a obtenu ce résultat sont de la plus grande simplicité : il a suffi. de prêter d'abord à la femme l'attitude des aveugles de Jéricho “avoid prières réitérées, et de faire intervenir les disciples d’une façon ana logue à ce que qu'on lit aussi des assistants dans l’histoire des aveugles ?; après quoi la femme vient se prosterner devant Jésus, ce qu'elle aurait pu faire d’abord, et ce que, d'après Mare, elle à à fait Mais, pour ne pas trop se répéter, elle se contente de dire en dernier lieu : « Seigneur, aie pitié de moi. » “HER La réponse de Jésus consiste essentiellement dans les paroles
« Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens %. » Il ne s’agit pas de priver les enfants de leur nourriture | + "4 au bénéfice des chiens; ce qui est présenté comme un abus, c'est l'identité hy otétique du traitement pour les uns et les autres. Marc glose par anticipation les’paroles du Sauveur, en lui faisant. dire d’abord : « Laisse premièrement les enfants se rassasier », ce qui suppose, contrairement au principe établi ensuite, qu’ une partie du po destiné aux enfants devra revenir aux chiens, et que ceuxci n'ont . ‘à attendre. Propos inintelligible et déplacé dans la circonstance À. On ne voit pas ce que sont les « enfants », avant que | Jésus ait formulé son antithèse, ni comment il pourrait PA É à la cananéenne que sa fille sera guérie quand il aura fait tous les miracles qu’il doit accomplir en Israël. Marc lui-même allégorise le discours et l’anecdote. Si la femme représente la gentilité, on com-
prend que Jésus lui dise de le laisser à son ministère auprès des. La