‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 787 sur 807 · Jüzrener, I · texte numérisé non relu

Jüzrener, I

A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques.

Marc, vu, 31-37. Marru., xv, 29-31.

Marc vu, 31. Et de nouveau, sortant du pays de Tyr, il vint par Sidon à la mer de Galilée, au milieu du pays de la Décapole. 32. Et on lui amena un sourd et muet, et on le pria de lui imposer la main. 33.

Etl'ayant tiré de la foule, à part, il lui mit ses doigts dans les oreilles, et, crachant, il lui toucha la langue; 34. et levant les veux au ciel, il soupira et lui dit : « Effala», c'est-àdire : « Sois ouvert ». 35. Et ses oreilles s’ouvrirent, et lelien de sa langue fut rompu, et il parlait correctement. 36. Et il leur défendit de le dire à personne; mais plus il (le) défendait, plus ils (le) publiaient, 37. Et (les gens) étaient extraordinairement surpris, disant : «Ila bien fait tout ; il fait entendre les sourds et parler les muets. »

Marru. xv, 29. Et s'éloignantde là, Jésus vint le long de la merde Galilée; et étant monté sur la montagne, il s'y assit; 30. et des foules nombreuses vinrent à lui, ayant avec elles boiteux, aveugles, sourds, manchots, et autres en grand nombre; et on les mit à ses pieds, et il les guérit; 31. en sorte que la foule admirait, voyant les muets

parlant, les manchots guéris, les

boiteux marchant, les aveugles voyant; et on glorifiait le Dieu d'Israël. ax

Il n'est pas très facile de suivre l'itinéraire indiqué par Marc! après l’histoire de la Cananéenne. On voit bien comment Jésus;

\ PEN ps \ \ 222 - 1.V. 31. xai réhuw (référence au v. 24) sav x rüv 6plwv Tégou nAley dix Ddovos

els tv Oéhassav ris Tathaias &và éco r@v Golwv Aezxar6kewz. Sur la Décapole;,

voir supr. p. 539, et Scuürer, II, 116. Le nombre des villes hellénistiques se rattachant à cette sorte de fédération a varié avec le temps. Prixe, A. N. V,48; 74, signale comme y appartenant : Damas, Philadelphie, Raphanée, Scythopolis, Gadara, Hippos, Dion, Pella, Gérasa, Canatha, ce qui fait les dix villes.

Ptolémée en énumère dix-huit.

reconnu au pays de Tyr, s'éloigne plus encore de la Galilée, et, contitinuant sa route vers le nord, s’avance jusqu’à Sidon; mais il est moins aisé de comprendre comment il rejoint par Sidon la mer de Galilée, en traversant la Décapole. L'amener par Ptolémais, le Carmel, Scythopolis, dans la région de Gadara!, est contraire au texte, puisque, dans ce cas, Jésus viendrait de Sidon par Tyr, et non de Tyr par Sidon. Il est plus naturel de supposer que le Sauveur, parvenu à la hauteur de Sidon, tourne à l'est, probablement par la route qui conduit à Damas, traverse le Liban, descend dans la vallée du Léontès, gagne la partie méridionale de l’Antiliban et les sources du Jourdain, et rejoint la mer de Galilée en suivant la rive orientale du fleuve. Le milieu de la Décapole indiquerait le terme du voyage, l'endroit où Marc localise la guérison qui suit, et la seconde multiplication des pains.

La seule difficulté que présente cette combinaison est que Jésus passerait à côté de Césarée de Philippe, et serait censé y revenir quelques jours plus tard”. Vu la confusion qui règne dans cette partie du second Évangile, et la manière tout artificielle dont sont introduites la guérison du sourd et la seconde multiplication des pains, on peut supposer que le voyage aboutissait primitivement à Césarée, et que le lac et la Décapole sont ici pour ménager l'insertion des deux miracles, le second devant être placé non loin de la mer, et le premier étant subordonné au second. On dirait que: le rédacteur, après avoir placé un miracle significatif à l’ouest, em pays païen, a voulu en mettre un du même genre à l'est, également en pays paien, sans dire toutefois que le sourd fût païen comme la phénicienne. La perspective est arrangée de telle sorte que la gué— rison du sourd et la seconde multiplication des pains éveillent aussu l'idée du salut des Gentils.

Dans une précédente occasion, Jésus avait été assez mal reçu em Décapole : on se souvient qu'il avait dû quitter cette contrée, après. avoir délivré le possédé de Gérasa, y laissant comme témoin de: son activité bienfaisante l’homme qu'il avait guéri 5. Si l'évangéliste lui-même n’a pas oublié cet incident, il a pu vouloir en corriger

1. Le Camus, Il, 135. Remplacer Sidon par Bethsaïde (WELLHAUSEN, Me. 60} est parfaitement arbitraire.

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