v, 1-20 ; supr. p
ce
< s l'impression fâcheuse; mais on aurait nrbableme tort de : 5 ser que la population soit maintenant sympathique à Jésus, } que les discours de l'ancien démoniaque auraient produit leur effet,
ou parce que la renommée du Sauveur se serait répandue dans le
pays. Il est superflu de chercher l'explication historique de cir-
constances qui ont chance de ne pas appartenir à l’histoire. Le sourd
guéri et les témoins de sa guérison étaient des Juifs, selon la tradi-
tion primitive du miracle; mais on n'a pas besoin d'invoquer le”
mélange de population dans la Décapole. La guérison du sourd et la multiplication des pains, en tant .que données traditionnelles, paraissent avoir été sans indication précise de temps ni de lieu. Dans la combinaison de Marc, ce sont des miracles qui se rattachent
au voyage de Jésus en pays païen, pour symboliser la proposition.
de l'Évangile aux nations.
La mise en scène de la guérison demeure très vague. D'après le préambule, mais non d'après le récit même, Jésus est censé dans un endroit quelconque de la Décapole: il est entouré d'une foule qui doit venir aussi de ce pays, quoiqu'on ne le dise pas; des gens lui amènent un sourd-muet pour qu'il le guérisse par l'imposition des mains!. Jésus commence par prendre l'infirme à l'écart, ne voulant pas faire le miracle en public?. On voit, du reste, par la suite, que les solliciteurs avaient cru la chose plus facile qu'elle n'était. Le sourd-muet ne sera pas guéri par une simple imposition de la main; en vue de la surdité, Jésus lui met ses doigts dans les oreilles; en vue du mutisme, il prend de sa propre salive et lui en applique sur la langue ÿ. La salive, pour ce cas spécial, et dans cette
1. V. 32. zai gépououy adr@ (cf. 11, 3) xwp0v xat uoytAdhov, xai raparaloüaiy aÿrov Eva Er adrG ruv yaïoa (cf. v, 23). uoytkdkos est à interpréter comme dans Is: xxxw, 6 (LXX), où il traduit l'hébreu D9N « muet », non TRES le sens étymologique : « parlant difficilement ». Cf. Mr. 1x, 32-33; xu, 22. Marc, v. 37, dira &kahoc. 3
2. Cf. var, 23 ; infr. p. 1008. Inutile de chercher l'explication de cette réserve dans les circonstances particulières de lieu et de temps.
3. V. 33. Efaey tobs Daxtüdouc aûtod sis Ta Gra aÜtod xai rTrÜoas fVato tie YAGoons airoë. Le rapport de ces actes n'est pas clair. Ss. : « il mit ses doigts et lui eracha dans les oreilles, et il toucha sa langue. » Cf. ms. W : Ezrusey ets vob danrükous aûtod na Efahey els Ta OTta toù 2W90Ù xai Aharo ris YAWSINS T0Ù oytAS AOL" Jésus a craché sur ses doigts; mais l'évangéliste a-t-il cru que la salive avait dû être appliquée d'abord aux oreilles ? Certains critiques jugent cette manière d'agir plus naturelle. Il est permis d’en douter.
occasion, tient la place de l'huile dans d’autres cures !. Ce n’est pas un symbole, mais un remède. Les actes du Sauveur n’expriment pas seulement l'intention de guérir l’infirme, mais ils sont des moyens simples par lesquels cette guérison pourra être opérée, s’il plaît à Dieu. C’est pourquoi Jésus lève les yeux au ciel et soupire, adressant à son Père une prière ?. Ensuite, il commande avec confiance : « Ouvre-toi », ce qui doit s'entendre par rapport aux oreilles et à la surdité. Le mutisme, causé par la surdité, disparaïtra en même temps. En effet, les oreilles du sourd devenant libres, la langue du muet l’est également, et, au lieu de proférer des sons inarticulés, il parle maintenant comme il faut 5.
On a souvent accusé Marc d'avoir matérialisé les miracles, princi palement celui-ci et celui de l’aveugle de Bethsaïde, comme si les tableaux qu'il trace n'étaient pas beaucoup plus vraisemblables que ceux qu'on imagine. Bien que Matthieu et Luc aient déjà pu être choqués de détails qui leur semblaient peu conformes à l’idée d’un parfait thaumaturge, il n’en est pas moins vrai que l'attitude de Jésus est bien celle qui convient à son caractère, au milieu et au temps. Jésus n'entend pas se donner pour un faiseur de merveilles et un individu tout-puissant. S'il n’use que de sa volonté, exprimée dans un ordre impératif, pour chasser les démons, c'est que les démons sont des êtres personnels, et qu'il doit les chasser pour guérir les possédés. En présence de maladies communes et d'infirmités, il ne procède point par décisions autoritaires; mais, suivant les cas, 1l laisse agir la foi de ceux qui l’implorent, et attribue à cette foi la guérison obtenue, ou bien il se comporte comme un médecin confiant en Dieu, qui réaliserait une cure extraordinaire par un remède vulgaire, avec l'assistance divine. Il ne considère pas ces guérisons, en tant qu'elles viennent de lui, comme des signes de toute-puissance, et il ne désire pas qu’on les prenne ainsi.
L'évangéliste, en gardant le mot araméen « effata » 4, montre qu'il attribuait une certaine efficacité au mot comme tel. On n'est pas autorisé pour autant à prononcer le mot de magie 5. Car il est
. Cf: vi, 43 ; supr. p. 901.
. Cf. I Rors, xvur, 21; IT Rors, 1v, 33 . Cf. Is. xxix, 18 ; xxxv, 5-6.
. V. 36. ippalé (NNONN).
. Hozrzmanx, 145.
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za'2 que Fe At: pour es Re. “était comme l’attouchement et la salive, sans que l'effica fut censée absolue et indépendante de l'opération guérison. Si Marc a pensé qu'il y avait « une vert
veur, qui avait voulu mettre cette vertu.dans ces choses. Qu uns, observant que le sourd-muet n'aurait guère pu parler c tement du premier coup, ont supposé que ce sourd tout à fait muet; autant vaudrait dire qu'il n'était pas non
était aussi sourd et muet qu'on peut l'étre, et qu'il s'ét subitement en plein et parfait usage de l'ouïe et de la paro
La conclusion manque de netteté. Jésus avait conduit le à l'écart, et cependant le miracle a plusieurs témoins qui re défense d'en parler. Les personnes à qui s'adresse la ‘défense pe
qu'il vient de guérir. Comme dans les occasions semblables, défense est censée d'autant moins respectée qu'elle a été fo mu plus instamment. L'homme guéri et ses compagnons s'empressent, d'ébruiter le miracle, à la grande surprise de tous ceux. qui les LE entendent et qui s’écrient dans le transport de leur admiration: « Il a bien Me Rues choses », partant ainsi le jugement/le” mA
par la 1 ASE du ire ont « il fait extetil [ sourds et parler les muets ? ». L'évangéliste se sert de la fou
pour insinuer au lecteur le sens du miracle : l'œuvre du Christ 4 été entièrement bienfaisante ; il a donné l’ouïe à ceux qui n'a Jamais entendu la vérité de Dédu et la parole à ceux qui n'ave jamais pu louer le Seigneur ; il a fait parvenir le salut aux nations: L'émotion ho due causée par la guérison du sourd-muet figure la conversion des Gentils?. &