‹ Les eaux de ParisChapitre 120 sur 152 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

savait, au besoin, défendre ses biens terrestres contre l’ennemi du dehors.

Après la ferme ou l’ancien couvent d’Armentières, et tout au pied d’un coteau boisé, apparaît subitement ce que les anciens appelaient lucus , ou bois sacré. Là se trouve une source d’une pureté admirable, et si bien cachée aux regards, que l’on compiend qu elle soit restée longtemps ignorée de nos ingénieurs en quête de richesses hydrologiques. Une masse de verdure luxuriante dérobe aux yeux cette véritable grotte des nymphes. Les chênes, les noisctieis, les ormes, les sureaux, les aunes, les coudriers, les peupliers et les saules, forment, à l’en- |ree, un berceau presque impénétrable, autour duquel les viornes et les clématites entrelacent leurs touffes délicates. Là se cache la première source, dont l’eau pure et délicieuse au goût, sortant d’une grotte naturelle, coule sur un lit de silex et de craie, pour se rendre ensuite dans la rivière de la Vanne. L’urne de cette fontaine soldant est entourée de cressons gigantesques, de vigoureux cnicius et d’épilobes. Nous avons trouvé

l’eau de cette source a la température de 11°,1, la température de l’air ôtant toujours de 22°. Elle marque 17°, G à l’hydrotimètre, et peut fournir vingt mille mètres cubes par vingt-quatre heures.

A deux cents pas de cette source, est une seconde, puis une troisième, toutes semblables par leurs qualités à la première; elles se rendent toutes les trois dans la Vanne, en suivant le flanc gauche de la vallée, et formant un petit coins d’eau qui n’est utilisé sur aucun point de son parcours.

La ville de Paris a acheté, pour la somme de 50,000 fr., ces trois belles sources, qui formeront un des plus riches affluents du futur aqueduc de la

Vanne.

Disons, enfin, que toutes les sources achetées par la ville sont à un mètre au moins au-dessus du niveau du marais de la Vanne et que, pai con i quent, leurs eaux ne peuvent provenir de ces marais, ce dont on ne peut douter du reste quand on les a goûtées. En buvant à longs traits cette onde

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