‹ Les eaux de ParisChapitre 121 sur 152 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

fraîche et pure, nous souhaitions du fond du cœur aux Parisiens d’en être bientôt mis en possession.

Nous venons de parler des sources de la Vanne, passons à celles de la Dhuis, qui doivent être dirigées à Paris avant celles de la Vanne.

Pour visiter ces sources, il faut prendre le chemin de fer de l’Est jusqu’à Château-Thierry; arrivé là, monter en voilure et suivre la vallée de la Marne par l’ancienne route de Metz. C'est une roule pittoresque, entourée d’une luxuriante verdure, due à l’influence de nombreuses petites sources qui sortent de l’argile plastique et courent aux bords du chemin. A Mezy, on abandonne l’ancienne route de Metz, et l'on entre dans la vallée du Surmelin, que l’on suit, par un chemin frais et ombragé, jusqu’au village de Condé. Ici commence la vallée de la Dhuis, petite rivière qui forme un des affluents du Surmelin.

En laissant à gauche le village de Pargny, qui s’élève en amphithéâtre au bord de la vallée, on arrive à la source de la Dhuis, aujourd’hui propriété de la

ville de Paris. Cette source s’échappe de terre dans un point très-resserré du fond de la vallée; elle faisait autrefois, dès son origine, tourner un moulin, aujourd’hui au repos. Une partie de l’eau tombe dans le lit de la petite rivière par l’ancien chenal du moulin ; le reste se perd à travers les fissures des murs, et va se rendre au même lit, par un ravin profond, pavé d’énormes débris de pierre meulière.

D’après l’analyse chimique, dont les résultats seront rapportés plus loin, l’eau de la Dhuis est un peu plus calcaire que l’eau de la Seine. Mais ce qui montre qu’elle sera peu incrustante pour le futur aqueduc, c’est que la roue du moulin de Pargny qu’elle met en action, n’est nullement recouverte de dépôts terreux, comme il arrive, dans ce cas, pour les eaux des sources très-calcaires.

Cette eau, qui sort des argiles à meulière, dont on voit les blocs disséminés tout autour, à fleur du sol, est d’une limpidité parfaite; sa température, en été, se maintient à 11°; aussi l’extérieur des vases se recouvre-t-il, en été, d une forte buée dès qu’ils en sont remplis. Fdlc est excellente au goût,

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