‹ Les eaux de ParisChapitre 131 sur 152 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ment, qui alimente cet aqueduc, est excessivement calcaire; il suffit de l’agiter pendant quelque temps dans un vase, pour qu’on la voie se troubler et dé-

poser des flocons de carbonate de chaux. Ces eaux, si chargées de sels terreux, ont coulé pendant soixante-quinze ans dans un aqueduc de maçonnerie, sans l’engorger, sans arrêter un seul jour le service. Les aqueducs romains, qu’on a fait restaurer au moyen âge, pour les approprier à des distributions d'eaux publiques, n’ont jamais besoin de réparation. Le Rapport de la Commission d' enquête du département delà Seine , qui nous fournit le fait précédent, ajoute : « On peut en dire autant do ceux de Carthage. On tient de l’ingénieur français qui s’occupe actuellement de la réparation de ces aqueducs un fait qui prouve qu’ils n’ont, pour ainsi dire, jamais exigé de réparations. En effet, ces aqueducs charriaient des eaux incrustantes dont le dépôt se retrouve tout entier. Or, si les aqueducs avaient été fréquemment réparés, les dépôts auraient été partiellement détruits, ce qu'on ne remarque nulle part. »

En résumé, pour les aqueducs de la Vanne el de la Somme-Soude, impossibilité matérielle d’incrustations; pour l’aqueduc de la Dliuis, une incrustation légère pourra se produire, mais elle ne saurait dépasser, d’après ce qui s’est vu à Dijon, l’épaisseur d’un millimètre en dix ans; or, comme l’aqueduc aura un mètre trente-cinq centimètres et quelquefois un mètre et demi de diamètre, on voit quelle influence pourra exercer une si mince pellicule déposée de dix en dix ans dans celte énorme conduite.

Une autre objection à laquelle nous devons répondre est tirée de l’origine des eaux à dériver. On a voulu soutenir que l’eau de source a de grands inconvénients et que l’eau de rivière lui est bien supérieure pour l'alimentation des villes. Celle thèse a été défendue avec une incroyable ténacité ppr M. Delamarre, directeur de la Patrie, qui pendant plusieurs mois, n’a cessé de faire au projet de l’administration une guerre à outrance. C’est donc à >1 . Delamarre que nous avons affaire ici en dêféndant, ce

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