TROISIÈME PARTIE
On ne saurait donc invoquer contre l’usage des eaux de source leur défaut d’aération.
Devons-nous prendre au sérieux l’article du 15 juin de la Pairie , dans lequel l’auteur voulant intéresser jusqu’aux Parisiennes à la guerre à outrance qu’il avait entreprise contre les eaux de source, faisait entrevoir à la plus belle moitié du genre humain l’invasion des affections goitreuses comme suite de l’usage des eaux de source? « La population féminine de la ville de Paris, disait M. Delamarre, éprouve la crainte d 'être envahie par les affections goitreuses, qui se développent rapidement par l’usage dds eaux de source. » Nousnepcrdronspas notre temps à réfuter une opinion aussi excentrique. Interrogezsur ce point les habitants deDijon,deBordeaux, de Nancy, de Vienne, de Montpellier, c’est à eux à dire si le goitre est une affection endémique chez les buveurs ou les buveuses d’eau de source. Pour nous* qui avons bu pendanlvingtcl un ans, comme tous les habitants de Montpellier, les eaux de la source de Saint-Clément, nous ne songeons pas à nous en plaindre ; elles nous ont donné un assez
vigoureux tempérament, et pas, que nous sachions, la moindre trace de goitre.
M. Delamarre aurait pu invoquer des motifs plus sérieux pour reprendre à nouveau le procès, tant de fois perdu, des eaux de source contre les eaux de rivière. Il aurait pu insister sur la proportion, habituellement trop forte, de sels calcaires tenus en dissolution dans les eaux de source1. On n’aurait pas, il est vrai, manqué de lui répondre qu’en général, dans les distributions d’eaux publiques, cet incon. vénient disparait par la précipitation spontanée des sels calcaires pendant l’écoulement de l’eau dans les conduites, ou pendant son séjour dans les réservoirs exposés à l’air. Mais ce serait, nous le répétons, re prendre inutilement, une question qui a été jugée cent fois dans le même sens.
Quoi qu’on en dise, il y a trois choses qui assureront toujours une supériorité incontestable aux eaux de source sur celles des rivières : la
< Ce n’est pas toutefois le cas des eaux de la V anne, qui ne sont pas plus calcaires que celles de l’eau de la Seine, ni même de celles de la Dhuis, qui contiennent un peu plus de sels de chaux.