‹ Les eaux de ParisChapitre 136 sur 152 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

température, — la limpidité, — la pureté chimique.

Hippocrate qui, dans son admirable traité des airs et des eaux, a posé des principes qu’une expérience séculaire n’a fait que confirmer, a dit : « Les meilleures eaux sont chaudes en hiver et froides en été. » (Optimæ suntquæ hieme fmnt calklæ , æstate autem frigidæ.) Les eaux de source satisfont à cette condition; elles émergent du sol à une température qui est, d’ordinaire, sous notre latitude, de 10 à 12°, ce qui représente la fraîcheur en été, et en hi ver une température agréable. Amenées par des conduites souterraines, à l’intérieur des villes, les eaux de source conservent en toute saison leur température initiale; elles donnent, en été, une impression de fraîcheur, en hiver celle d’une douce température, parce que, abritées sous la masse du sol, elles ne participent pas des variations de la température extérieure. Au contraire, les eaux qui coulent dans le lit des rivières et des fleuves, s’échauffent considérablement en été, se refroidissent et gèlent en hiver dans les conduites particulières des maisons. Qui ne sait que des eaux, très-bonnes

sous le rapport de la composition chimique, peuvent devenir nuisibles par le seul fait de leur degré de froid ou de chaleur? Est-il rien de plus désagréable, de plus nauséabond que l’eau de la Seine bue pendant les chaleurs de l’été? Nous en appelons aux baigneurs des écoles de natation de la Seine. L’eau chaude des rivières, bue pendant l’été, n’apaise point la soif, môme quand on la boit en grande quantité; elle est fade et nauséabonde, elle n’est bonne ni au palais, ni aux organes digestifs. Distribuer en été, par les fontaines publiques, une eau fraîche qui porte la tonicité aux organes, c’est donc distribuer aux populations le bien-être et la santé. Voilà ce que l’on n’obtiendra jamais avec l’eau de Seine, -et ce que l’on obtiendra certainement avec l’eau d’une source comme celle de la Dhuis, malgré son éloignement de Paris. Des expériences irréprochables de feu M. Darcy, l’ingénieur à qui l’on doit l’admirable distribution d’eaux publiques de la.yille de Dijon, et celles qui ont été faites plus récemment sur l’aqueduc d’Arcueil par les ingénieurs du service municipal de Paris, ont prouvé

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