‹ Les eaux de ParisChapitre 137 sur 152 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

que, malgré un énorme parcours, les eaux d’une source, cheminant dans un conduit souterrain, s’échauffent ou se refroidissent à peine de quelques degrés pendant leur route du point d’émergence au point de distribution.

La limpidité est un autre caractère qui assurera toujours aux eaux de source une supériorité incontestable. Qui pourrait prétendre que les eaux de la Seine, qui sont troubles pendant la moitié de l’année, puissent être mises, sous le rapport hygiénique, en comparaison avec les eaux limpides et transparentes d’une source? Nous voudrions que les réservoirs d’eaux potables fussent accessibles aux regards du public, comme cela est établi dans de petites villes de l’Italie, par exemple, à Livourne, et aussi au château d’eau de Montpellier; le jugement du public serait-il douteux alors entre le réservoir d’eaux troubles et limoneuses d’une rivière et ces eaux claires et transparentes comme le cristal, qui laissent apercevoir, malgré une profondeur de plusieurs mètres, le fond du bassin, comme si la main pouvait le toucher?

La limpidité des eaux a un grand avantage; elle dispense de l’opération qui est la pierre d’achoppement dans toutes les distribu lions d’eaux publiques : nous voulons parler de la filtration. Les eaux troubles d’une rivière ne peuvent être livrées au public sans avoir été filtrées; or, cette opération présente de telles difficultés que beaucoup de praticiens la déclarent impossible pour de grandes masses de liquide. Filtrer cent mille mètres cubes d’eau par jour, comme il faudrait le faire pour Paris, est une opération matériellement presque inexécutable, car les frais qu’elle nécessiterait dépasseraient toute proportion raisonnable. Mais avec des eaux de source, plus de filtration ; l’eau est déversée aux fontaines et livrée dans l’intérieur des maisons telle qu’elle arrive par les conduites, et sans avoir besoin de subir aucune opération ni travail. Voilà, certes, un avantage considérable.

La pureté chimique est/ une autre condition qui assure encore la supériorité aux eaux de source sur celles des fleuves ou des rivières. En ce qui concerne Paris, il serait bien superflu de rappeler a

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