TROISIÈME PARTIE
laisser dégager à travers les orifices ou l’épaisseur même du sol, des émanations nauséabondes et nuisibles à la santé publique l.
L’eau, fournie en excès aux besoins d’une ville, peut, non-seulement être employée aux usages variés de la vie domestique, mais encore être utilisée par les établissements industriels et médicaux quelle rencontre sur son parcours. Elle peut servir à donner presque gratuitement des bains à la population, et permettre d’établir des lavoirs publics pour le blanchissage du linge de la classe pauvre.
En outre de ces usages, l’eau dont on jouit à profusion, peut devenir un embellissement pour les places publiques ou les promenades, et les animer d’une vie nouvelle, en jaillissant de fontaines monumentales, en s’élançant en gerbes et retombant en cascades.
Dans les principaux centres de population de l’Angleterre, l’eau est distribuée avec une extrême abondance dans l’intérieur de chaque maison, et
1 Aujourd’hui çette partie du service se fait déjà très-bien à Paris, mais elle ne peut que gagner à l'augmentation du volume des eaux publiques.
cet avantage n’est pas entré pour peu de chose dans le développement et la prospérité de ces villes. Dans chaque maison de Londres, par exemple, on distribue l’énorme volume de 900 litres d’eau par jour. On a calculé que, si les canaux de distribution n’étaient pas établis, et qu’il fallût aller puiser celte eau directement aux fontaines, il faudrait employer à ce travail deux cent quarante mille individus, c’est-à-dire tous les hommes valides de la métropole; le salaire de ces porteurs d’eau s’élèverait à 200 millions par an. Dans la ville de Glaseow, chaque habitant jouit de 150 litres d’eau par jour. Aussi, dans chaque maison, on trouve, quelquefois à chaque étage, un bain chaud, un water closet , un shower batli ou robinet de pluie d’eau froide, dont on se sert pour produire dans l’économie une réaction qui est très- salutaire, en raison de l’humidité du climat. Chaque logement d’ouvrier, de la valeur de 125 à 150 francs, est pourvu de tout cet arsenal hydraulique. Malgré cette extrême profusion d’eau, les habitants de Glascow en réclament encore davantage, et pour