PREMIÈRE PARTIE
tirer en sa faveur les sympathies des hommes de progrès. Périer s’était rendu à Londres pour y étudier la machine à vapeur, d’invention alors toute récente. Il avait rapporté des ateliers de Watt, une pompe à feu, c’est-à-dire une machine à vapeur destinée à l’élévation des eaux, et la juste admiration qu’excitait cette belle et récente découverte de la mécanique, tournait en faveur du système que Périer proposait pour l’élévation des eaux de la Seine.
Ce fut donc ce système, qui, après tant de luttes, triompha dans cette première période. La proposition des frères Périer, soumise, le 17 août 1776, au bureau de la ville, eut l’approbation de ce bureau. Le 25 octobre suivant, et le 7 février 1777, les frères Périer reçurent du Parlement les lettres patentes qui les autorisaient à construire à leurs frais, dans les lieux désignés par le prévôt des marchands, les pompes et machines à feu destinées à élever l’eau de la Seine ; à conduire cette eau dans les différents quartiers de la ville, pour y être distribuée aux particuliers et aux porteurs d’eau, moyen-
nant un prix réglé de gré à gré; à établir aux lieux qui seraient désignés des fontaines de distribution ; à placer sous le pavé des rues, les conduites, regards, etc. Le roi leur accordait un privilège exclusif de quinze années, à la condition que, dans un délai de trois ans, le volume distribué serait de 150 pouces1.
Un arrêt du conseil du 6 octobre 1778, décida que toute contestation relative à l’exécution de ces lettres patentes serait portée devant le bureau des finances. Le prévôt des marchands et les échevins, consultés, virent dans cet arrêt la lésion de leurs droits, et dans leur avis du 2 mai 1780, ils prétendirent que la ville seule devait connaître tout ce qui est relatif au service des eaux2. Mais ce conflit n’eut pas d’autres suites.
Depuis l’époque ou de Parcieux avait présenté son projet jusqu’à celle ou nous sommes arrivés, beaucoup de mémoires relatifs à la fourniture des eaux de Paris, avaient été adressés, soit au roi,
1 Registres (le la ville, vol. C, fol. 550.
2 Registres c le la ville, vol. CI, fol.