‹ Les eaux de ParisChapitre 32 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Cependant les partisans de la dérivation de l’Yvette ne se regardaient pas encore comme battus. Le résultat désastreux, au point de vue financier,», que venait de fournir, à la surprise générale, l’entreprise des pompes à feu, leur donnait plus de force que jamais.

En 1782, un ingénieur, M. de Fer de Lanouerrc, lut à l’Académie des sciences, un Mémoire dans lequel il proposait de dériver les eaux de la Bièvre, au lieu de celles de l’Yvette selon le projet de Parcieux. Pour faire bien accueillir son idée, il assurait qu’il saurait réaliser une économie de neuf dixièmes sur le projet de Parcieux.

Ces conditions parurent tellement séduisantes que, le 5 novembre 1787, un arrêt du conseil d’État, rendu malgré les avis peu favorables du bureau de la ville, autorisa l’exécution de ce projet, mais à condition qu on se contenterait d’abord de prendre 500 pouces d’eau dans'la Bièvre à Amblainvilliers ;

« de manière qu’il ne sera procédé à aucun autre « ouvrage relatif à la totalité du projet de l’Yvette « et de la Bièvre, que lorsque lesdits travaux de la

« rivière cle Bièvre, prise à Amblainvilliers, seront « portés à leur point de perfection.» M. de Fer devait déposer un cautionnement de 250,000 fr.

Cet ingénieur se hâta de mettre l’affaire en actions. Il créaune société au capital de 4,800 actions de 1 , 200 livres chacune, c’est-à-dire de 5 , 760,000 fr. Mais il paraît que ces actions n’obtinrent pas grande faveur, carie 4 février 1789, le produit de leur vente n’était encore que de 461,000 livres.

Le tracé de la dérivation de la Bièvre fut pourtant exécuté en 1788; les travaux furent même commencés. Mais les plaintes des riverains et des usagers de la Bièvre, c’est-à-dire des teinturiers de Paris, furent telles que le Parlement de Paris rendit, le 3 décembre 1 788, un arrêt par lequel il évoquait à lui la connaissance des contestations soulevées par les riverains de la Bièvre. Toutefois un arrêt du conseil d’État, en date du 14 février 1789, cassa cette décision du Parlement.

Enfin les plaintes adressées au Conseil d’Élat par les teinturiers, mégissiers et tanneurs du faubourg Saint-Marceau, qui voyaient déjà la Bièvre à

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