PREMIÈRE PARTIE
sec, et celles des propriétaires dont les terrains étaient traversés par la dérivation, motivèrent un arrêt, en date du 11 avril 1789, qui suspendit définitivement les travaux commencés par M. de Fer.
C’est ainsi qu’échoua, aux approches de la Révolution française, qui vint paralyser pour longtemps les travaux de ce genre, ce beau projet de
dérivation de l’Yvette, qui pendant ‘vingt sept ans
avait captivé l’opinion publique, et qui vaudra à son auteur, de Parcieux, une gloire méritée. De Parcieux est, en effet, le premier qui ait attiré sérieusement l’attention de l’administration sur les dérivations des rivières pour l’alimentation de Paris, et quoiqu’on ait abandonné son projet pour exécuter, sous l’empiré, le canal de l’Ourcq, l’idée de celte dernière entreprise a été certainement inspirée par les éludes de Parcieux, Perronet et Chizy.
Si les sommes que l’on dépensa follement pour établir les machines de Chaillot et du Gros-Caillou, avaient été appliquées à la dérivation de l’Yvette ; si M. de Ter, par une modification peu rationnelle
du plan de Parcieux, consistant à abandonner l’Yvette pour les eaux de la Bièvre, qui sont indispensables à une importante industrie, n’avait égaré l’opinion publique, la ville de Paris serait alimentée aujourd’hui, il n’y a pas à en douter, non-seulement par les eaux de l’Ourcq, mais encore par celles de l’Yvette, qui auraient eu sur celles du canal de l’Ourcq l’avantage d’être beaucoup moins dures, et d’arriver à Paris à plus de 4 mètres audessus du niveau des eaux d’Arcueil, c’est-à-dire à 10 mètres environ au-dessus du niveau du bassin de la Yillette.
L’État ayant acheté, comme nous l’avons dit plus haut, l’entreprise des frères Périer, les usines hydrauliques devinrent sa propriété, et furent mises
au nombre des établissements publics.
Les bouleversements politiques de la fin du dixhuitième siècle suspendirent tous les projets d’amélioration du service des eaux de Paris; seulement d’importantes modifications furent faites dans le personnel.