‹ Les eaux de ParisChapitre 41 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

et compris dans l’apanage de la maison d’Orléans. Ce prince désintéressa M. Arnoult moyennant une somme de 60,000 livres, qui lui fut comptée le 1er mai 1665.

Par une exception singulière, la juridiction de ce canal, pour tout ce qui concernait l’avantage et la liberté du commerce, fut attribuée au bureau de la ville de Paris.

En 1676, Pierre-Paul Riquet, qui s’est immortalisé par l’exécution du canal du Languedoc, proposa d’amener l'Ourcq à Paris, au moyen d’un canal navigable qui aurait débouché juste au pied de l’arc de triomphe du faubourg Saint-Antoine. Associé avec son gendre, Jacques de Manse, l’auteur d’une des machines du pont Notre-Dame, Riquet obtint des lettres patentes qui lui concédaient l’entreprise. D’après ces lettres, la dérivation n’avait pas seulement pour objet l’établissement d’un canal navigable; les eaux rendues à Paris devaient servir à entretenir de nouvelles fontaines, à embellir les jardins publics, faire marcher des usines, laver les égouts, etc.

Cette grande entreprise, si digne du génie de Riquet, échoua, après avoir été combattue par ceux qu’elle intéressait le plus, c’est-à-dire par les marchands de grains de la Brie, qui auraient trouvé dans ce canal, latéral à la Marne, une grande facilité pour le transport de leurs marchandises, et par le bureau de la ville, qui ne pouvait méconnaître les avantages assurés à Paris par l’exécution d’un semblable projet, mais qui craignait de voir compromises quelques-unes de ses attributions.

La mort de Riquet, survenue en 1680, et celle de Colbert, son protecteur, qui ne lui survécut que trois ans, privèrent M. de Manse de ses plus fermes soutiens. Alors des tracasseries de toutes sortes vinrent paralyser ses opérations. Enfin, un jugement du prévôt des marchands, du 19 mai 1684, l’obligea de fournir dans le délai d’un mois, tous les plans du canal projeté, faute de quoi il y serait contraint par toutes les voies dues, et même par corps1.

Ce jugement porta le dernier coup au projet de

1 Registres de la ville, vol. LU, fol. 850

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