PREMIÈRE PARTIE
Riquet. On n'entendil plus parler de la dérivation de l’Ourcq jusqu’en 1717, époque à laquelle la veuve de M. de Manse essaya, mais sans y parvenir, d’attirer sur cette entreprise l’attention du Régent.
La rivière d’Ourcq continua donc d’être une simple voie navigable, comprise dans l’apanage de la maison d’Orléans. La loi du 6 avril 1791, qui supprima les apanages, fit rentrer le canal dans les attributions de l’État.
Le projet de Riquet différait essentiellement de celui qui a été exécuté sous l’Empire. Il consistait, comme on l’a vu, à amener l’eau de l’Ourcq à l’arc de triomphe du faubourg Saint- Antoine, c’est-à-dire à un point bas de Paris. Ce n’est que par hasard, et par extension d’un autre projet de dérivation, qu’on a songé plus tard à profiter de la large coupure qui existe, de Claye à Saint-Denis, dans la banlieue de Paris, pour amener à la Villette, à un niveau beaucoup plus élevé, par conséquent, le point d’arrivée du canal de dérivation '.
1 Voir la carie.
En 1785, M. Brulléc, ingénieur habile, avait présenté à l’Académie des sciences, un mémoire relatif à la dérivation de la Beuvronne. Ce mémoire était fort remarquable en ce sens qu’il indiquait pour la première fois cette grande coupure dont nous venons de parler, comme le chemin naturel devant conduire les eaux dérivées au niveau du plateau de la Villetle. La rigole d’amenée devait desservir un canal à point de partage, descendant dans la Seine, d’un côté au bassin de l’Arsenal, de l’autre à Saint-Denis, et se prolongeant de là, vers Conflans-Sainte-IIonorine et Pontoise. C’est, comme on le voit, l idée première des canaux Saint-Martin et Saint-Denis, dont M. Brullée est bien l’inventeur. L’eau surabondante de la dérivation devait être dis* tribuée aux habitants de Paris.
Le 24 mai 1780, les commissaires chargés de l’examen de ce projet en rendirent un compte avantageux ; mais on ne donna pas d’autre suite à cette idée.
En 1790, la même affaire fut de nouveau soumise à l’Assemblée constituante. La dérivation de