‹ Les eaux de ParisChapitre 45 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

à de très-vives critiques de la part de deux ingénieurs, MM. Gauthey et Bruyère. Il nous paraît inutile d’entrer ici dans le détail de ces discussions. L’assemblée des ponts et chaussées décida, le 25 février 1805, sur la proposition de M. Bruyère, que, sous le rapport de l’art et de l’économie, le tracé de la tranchée qu’on avait commencé à ouvrir ne pouvait être approuvé1.

Pour couper court à ces différends, et s’assurer

' Ces discussions très-vives tenaient au fond, aux systèmes différents de MM. Girard, Gauthey et Bruyère. Nous ne parlerons pas de celui de Gauthey, où il s’agissait plutôt d’améliorations au poinL de vue de la navigation que de la distribution d’eaux de Taris. Mais, sur ce dernier point, les opinions de MM. Bruyère et Girard différaient essentiellement.

Aux yeux de M. Girard, les eaux de l’Ourcq devaient surtout être employées au service de la salubrité et aux embellissements de la ville ; il en réservait 4,000 pouces à cet usage et 200 seulement pour les usages de h vie. — ( Recherches sur les anciennes eaux de Paris, page 148.) « La distribution des eaux de l’Ourcq dans l’intérieur de Paris, dit M. Girard, a plusieurs objets principaux: le premier, qui intéresse essentiellement la salubrité publique, est le lavage des rues et des égouts ; le second, la commodité particulière des habitants ; le troisième, l'embellissement des places et promenades. » [Ibid., p. 109.) M Bruyère voyait toute autre chose dans une dérivation. Dans son mémoire imprimé en 1804, il émet cette opinion remarquable: « Les canaux en rre doivent être réservés pour tous les usages qui n’exigent, pas une très-grande pureté dans les eaux qu’ils sont destinés à conduire.

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par lui-même de l’état de chose, le premier consul parcourut, les 28 février et 1er mars 1805, toute la ligne du tracé depuis Paris jusqu a Mareuil.

En 180o, les travaux étaient presque achevés entre Pantin et Sévran. En 1804, le tracé fut définitivement fixé dans l’arrondissement de Meaux.

Les jaugeages de la rivière, faits sous la direction de M. Égault, au-dessous du moulin de Crouy, accusaient un débit de 335,000 mètres cubes par 24 heures, à la fin de 1802, et de 197,844 mètres cubes en juin 1804.

On résolut d’amener à Paris toutes les eaux de la rivière, et, en admettant un débit moyen de 260,000 mètres cubes par 24 heures, on trouva qu’avec une section de 8“,625 et une longueur totale de 96 kilomètres, il fallait donner au canal une pente totale de 10 mètres.

Par une fausse application des lois de l’hydrau-

et sont peu convenables lorsqu’elles doivent être potables... Dans tous les projets qu’on peut former pour fournir de l’eau à une ville, l’objet le plus essentiel et qui doit l’emporter sur toute autre considération, c’est la certitude qu’elle sera, nonseulement. saine, mais encore agréable. »

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