‹ Les eaux de ParisChapitre 96 sur 152 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

distribuer soit par des machines à vapeur, soit par des ouvrages hydrauliques sagement combinés. On pouvait, il est vrai, établir la prise d’eau très en amont de Paris, à Port-à-P Anglais, par exemple, mais il aurait fallu de puissantes machines à vapeur pour refouler l’eau de la Seine, par des conduites très-longues et très-dispendieuses, jusqu’à la hauteur de 64 mètres en moyenne, nécessitée par les exigences du nouveau service. En second lieu, et quel que soit le point auquel on place la prise d’eau , par suite de l’extension de Paris jusqu’aux fortifications, des usines toujours de plus en plus nombreuses s’établiront sur les deux rives de la Seine, au point même de cette prise d’eau et même audessus, et enlèveront à l’eau de la Seine la pureté qu'on est porté à lui accorder aujourd’hui. D’ailleurs, une eau de rivière, froide en hiver, chaude en été, et qui a besoin d’être soumise à la filtration, ne doit être livrée comme eau potable aux habitants d une grande ville qu’en présence d’une absolue nécessité.

Ainsi, l’alimentation de Paris en eau potable était

un problème hérissé de bien des difficultés. Le système actuel étant reconnu imparfait sous le rapport du service privé, c’est-à-dire des eaux potables, et la Seine ne pouvant suffire à fournir des eaux suffisamment pures, abondantes et exemptes des vicissitudes de la température extérieure, il fallait sortir des voies battues. Imitant l’exemple des anciens, si heureusement suivi par les modernes en plusieurs circonstances, il fallait chercher loin de Paris ce que Paris ne pouvait offrir, c’est-à-dire aller emprunter à quelques régions plus ou moins éloignées, des sour-

ces d’une pureté et d’une abondance suffisantes, et les amener dans la capitale au moyen d’un aqueduc. Malheureusement, par suite de la nature du sol qui environne Paris, les sources d’eau parfaitement pure sont extrêmement rares, car les terrains gypseux qu’elles traversent dans leur parcours, viennent les charger de ce gypse, ou sulfate de chaux, qui donne aux puits de Paris de si détestables qualités pour les usages économiques. Il était donc certain d'avance qu’il faudrait se transporter fort loin pour trouver le fleuve d’eau pure nécessaire à l’alimen-

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