‹ Les eaux de ParisChapitre 97 sur 152 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

tation de Paris, et que dès lors les dépenses pour la construction de l’aqueduc de dérivation seraient considérables.

Ce motif ne parut pas suffisant pour écarter le projet d’une dérivation lointaine. Sans doute, l’exécution d’un immense aqueduc et la création de tout un système hydraulique nouveau devaient imposer une lourde charge au budget municipal ; mais ce grand travail une fois exécuté, Paris se trouvait en possession d’un monument durable, qui n’avait rien à redouter de la main du temps ni de celle des hommes, et qui assurait aux générations qui doivent nous remplacer le bienfait continu d’un régime d’eaux pures* et abondantes. L’aqueduc une fois édifié, l’eau arriverait éternellement par le seul fait de la pente naturelle du sol, sans imposer d’autres soins aux administrateurs de la cilé que la surveillance et l’entretien d’un monument de pierre et de fer. Cette imitation des constructions hydrauliques des anciens, ouvrages admirables qui ont résisté à 1 action des siècles, ce travail préparé tout à la fois poui les besoins du présent et ceux de l’avenir, of-

fi ait un caractère de majesté et de grandeur propre à exercer sur bien des esprits une séduction puissante. C’est à cet empire secret que dut obéir le chef de notre administration municipale, lorsque, après avoir reconnu l’insuffisance des eaux de la Seine pour le service de nos eaux publiques, il se décida à confier aux ingénieurs l’élude d’un projet de dérivation de sources d’eaux éloignées de Paris.

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