CHAPITRE X
Étude des sources du bassin de la Seine par M. Belgrand. — Proposition faite par cet ingénieur de dériver à Paris les eaux de la Somme-Soude, de la Dhuis et de la Vanne. — Premier mémoire du préfet de la Seine. — Le conseil municipal adopte le projet préfectoral. — Deuxième Mémoire du préfet de la Seine — Nouvelle déclaration du conseil municipal.
C’est en avril J 854 que M. le préfet de la Seine chargea M. Belgrand, ingénieur en chef de la navigation de la Seine et du service hydrométrique du bassin de ce fleuve, de faire une étude des sources qui pouvaient être dérivées vers Paris. Suivait le programme qui était tracé cà M. Belgrand, l’eau à denver devait être limpide et fraîche, et d’une pureté au moins égale à celle de la Seine, prise en amoril de Paris. Elle devait arriver dans les réser-
voirs à une hauteur de 55 mètres au-dessus de la Seine, et fournir un volume de 86,000 mètres cubes par chaque 24 heures. On ne remettait d’ailleurs à l’ingénieur en chef aucun catalogue de sources, et on lui laissait toute latitude pour pousser ses recherches sur toute l’étendue du bassin de la Seine. On lui accordait trois ou quatre mois pour faire son travail.
Il ôtait impossible, dans un délai aussi court, de faire l’exploration, même incomplète, de toutes les vallées de cet immense bassin, qui n’occupe pas moins de la septième partie de la surface de la France. M. Belgrand se décida donc à procéder autrement. Il reconnut d’abord que les projets de ses devanciers ne satisfaisaient point aux conditions du programme. La dérivation de l’Eure, proposée sous Louis XIV, celles de l’Yvette et de la Bièvre, qui ont excité, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, les vives discussions que nous avons racontées, n’auraient conduit à Paris que des eaux de rivière d'une qualité inférieure à celles de la Seine. Les eaux des sources de la Beuvronne, que .M. l'inspec-