‹ Les eaux de ParisChapitre 99 sur 152 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

leur général Bruyère voulait dériver vers Paris dans un aqueduc couvert, sont chargées de sulfate de chaux et de magnésie. On ne pouvait donc donner aucune suite à ces anciens projets.

La disposition des grandes sources du bassin de la Seine était parfaitement connue de M. Belgrand. Quinze ans d’études hydrologiques dans ce bassin lui avaient fait reconnaître que, dans chaque formation géologique, les. grandes sources occupent une position parfaitement déterminée. Il basa tout son système sur un principe dont la suite des études démontra la parfaite exactitude. Il admit que, dans toute l’étendue d’une formation géologique homogène, la composition chimique des matières en dissolution dans l’eau, ne doit pour ainsi dire pas varier. Ainsi, selon lui, dans toute l’étendue de la craie blanche de la Champagne, les eaux de source devaient être de môme qualité; il devait en être de même dans les terrains non gvpsiféres de la Brie, etc. Il suffisait donc de faire l’analyse d’un petit nombre d’échantillons d’eau provenant de chaque formation géologique, pour connaître la

composilion de toutes les eaux de source qui s’y trouvaient.

C’est ainsi que M. Belgrand put faire une excellente classification des sources du bassin de la Seine sous le rapport de leur composition chimique. Ces eaux ont été divisées par M. Belgrand, quant à la disposition géologique du bassin, en huit régions.

De ces huit régions, la plus rapprochée de Paris se trouve dans toute l’étendue de la Brie. Ses eaux, soutenues par lÿ couche d’argile verte dont on voit des affleurements au-dessus de Montmartre et des buttes Chaumont, alimentent cette multitude de jolies sources qui entretiennent une si riche verdure sur les coteaux de Bougival, Saint-Cloud, Ville-d’Avray, Bellevuc, Brunoy, etc. Malheureusement, un immense lentille de gypse s’étend sur toute la suqface du bassin parisien entre Meulan et Château-Thierry, et altère la qualité de toutes les eaux de cette région. Ces sources si limpides, mais chargées de sulfate de chaux, ne peuvent donc pas être utilisées pour l’alimentation de Paris.

Page 1