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CHAPITRE V

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE

L'examen bactériologique doit non seulement compléter l'étude géologique et l'analyse chimique, mais être considéré comme ayant une importance prépondérante dans la recherche de la salubrité des eaux de boisson ; c’est ce que nous nous efforcerons de démontrer.

Le prélèvement d'un échantillon d'eau destiné aux recherches bactérioiogiques est une opération qui nécessite des précautions plus minutieuses que celles imposées au chimiste. Il serait trop long de préciser exactement toutes les conditions qui peuvent se présenter; nous avons toujours cherché à prendre les dispositions les plus favorables à la bonne exécution de ces prélèvements.

Nous nous servons de flacons de 100 c. c. très propres et stérilisés, nous les remplissons jusqu'au gouiot avec l'asepsie la plus rigoureuse et les enveloppons dans des papiers stériles. Sauf dans des conditions spéciales, nous ne faisons pas les ensemencements sur place, mais l’automobilé nous procurant un retour rapide, nous pouvons, quelques heures après le prélèvement, exécuter ces travaux délicats, dans le calme du laboratoire.

Pour le transport des échantillons, nous nous servons d’une boîte en bois doublée de zinc, enfermée dans une caisse plus grande contenant de la glace et de la sciure de bois, nous pouvons ainsi transporter 12 flacons à une température voisine de 0°, recommandée par MIQUEL, pour éviter l'augmentation du nombre initial des microbes.

ANALYSE QUANTITATIVE Numération des germes aérobies

Le nombre des germes par €. €. que contient une eau inconnue pouvant être très grand et afin de rendre la lecture plus facile, nous faisons 4 ensemencements de tubes de gélatine avec une pipette débitant 20 gouttes au €. c. Dans le premier tube, nous mettons une goutte d'eau, dans le deuxième 2 gouttes ; après dilution au dixième, nous mettons 1 goutte dans le troisième et 2 gouttes dans le qu'atrième. Nous coulons la gélatine ainsi ensemencée en boîtes trian-

gulaires R. A. L. préalablement stérilisées. Ces boîtes, beaucoup pius pratiques que celles de PETRI, sont maintenues à une temipérature voisine de 20°.

La numération est faite tous les jours à partir du cinquième jusqu'au dixième jour. Le nombre des colonies développées est compté le dixième jour et multiplié par 20 pour la première boîte, par 10 pour la deuxième, par 200 pour la troisième ef par 100 pour la quatrième ;'en prenant la moyenne, nous avons la quantité de germes par €. €., mais ce nombre doit être augmenté de 25 % puisque, d'après les nombreuses analyses de MiQuELz, 25 % des colonies restent encore à apparaître après dix jours d'ensemencement.

Souvent les eaux très poiluées liquéfient rapidement la gélatine et interrompent la numération; pour nous permettre de calculer le

nombre des germes qui se seraient développés jusqu'au quinzième

jour, nous multiplions le dernier nombre trouvé par un des coefficients de MIQUEL, qui à établi une table de multiplicateurs, basée sur les résultats de plus de 60.000 analyses d’eau et qui mérite d'être acceptée.

Ce procédé de culture, outre la numération microbienne, nous permetencore de reconnaître et même souvent de compter les espèces liquéfiantes dont la présence est importante à connaître, puisqu'elles se trouvent dans les eaux contaminées.

ANALYSE QUALITATIVE Isolement des espèces pathogènes

Contrairement à l'analyse chimique, c'est l'analyse bactériologique qualitative qui est la plus importante et la plus délicate, une seule espèce pathogène rendant une eau dangereuse. La spécification des germes permettra de différencier les bactéries banales et inoffensives, des espèces pathogènes où de celles qui sont un indice de pollution.

RECHERCHE DU BACTERIUM COLI COMMUNE par le procédé Péré

Les procédés employés autrefois pour déceler le B. Coli et le B. typhique dans les eaux ne mettaient en jeu que de faibles quanlités d'eau et étaient des causes d'erreur que permet d'éviter ce procédé que nous avons employé exelusivement et qui nous a toujours donné d'excellents résultats.

Le principe consiste à transformer l’eau à examiner en milieu nutritif au moyen de peptone et à ajouter une proportion de 1 millième d'acide phénique pour empêcher la pullulation des germes saprophytes, sans nuire à la culture du B. Goli, du B. typhique et des espèces voisines provenant de l'intestin. Ce procédé permet encore d'isoler le B. de Friedlander, le B. pyocyanique, le vibrion cholérique et certaines «espèces anaérobies.

Pour cette recherche, nous employons 80 c. c. d’eau à laquells nous ajoutons 20 c. c. de Bouillon Péré {acide phénique 5 gr., veptone 30 gr., eau 1000 c. c.), et nous mettons à l’étuve à 38°.

Un trouble se produit quand l’eau est souillée par les espèces recherchées, et en autant moins de temps que la pollution est plus évidente. En général de 12 à 20 heures pour les eaux très contaminées, et après la 30° heure pour les eaux moins polluées.

Vers la 48° heure, nous débouchons le flacon et nous apprécions si l'odeur dégagée par la culture est fade, fétide ou fécaloïde.

Afin d'identifier les bactéries ayant cultivé, nous prélevons une anse de platine de cette culture et ensemençons la surface d’un tube de gélose inclinée par le procédé habituel des séparations des colonies sur un seul tube et nous recherchons, après un séjour de 24 heures à l’étuve, si les colonies développées sont du B. Coli ou un autre germe. Quand le bouillon phéniqué a l'odeur fécaloïde et que [a culture en gélose inclinée ne montre que peu de colonies, nous avons des espèces anaérobies que la culture en Gélose Veillon nous permettra de déce!er. Après avoir isolé le B. Coli nous le caractérisons au moyen des milieux suivants :

Dans la Gélose lactosée tournesolée, il suffit de quelques colonies de B. Coli pour que rapidement, après 18 à 20 heures à 38°, tout le milieu prenne une teinte rose.

Le Petit Lait tournesolé laisse pousser abondamment le B. Coli, qui provoque un dégagement de fines bul'es de gaz et rougit le tournesol.

Le B. Coli coagule le Lait plus ou moins vite suivant les échanfillons.

La Gélose glucosée au rouge neutre est une gélose peu alcalïne, dans ce milieu tremblotant ensemencé par piqüres, le B. Coli provoque un grand dégagement de bulles de gaz, et la fluorescence apparaît plus ou moins rapidement dans la totalité du milieu, ainsi qu'un virage au jaune caractéristique.

La Gélose au sous-acétate de plomb n'est pas noircie par le B. Coli.

Le B. Coli donne la réaction de l’Indol.

SSSR

Sur la pomme de terre, le B. Coli donne des colonies épaisses et jaunâtres ou plus rarement minces et vernissées peu visibles.

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