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IMPORTANCE DE L'EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE

L'étude des eaux destinées à l'alimentation est un problème de la plus grande importance et un travail très délicat ; c’est une des tâches les plus difficiles qui soient dévolues à l'hyg Eniste ; aussi doit-elle être entourée de toutes les garanties et de toutes les données scientifiques.

La Géologie permet d'éviter une contamination et de la retrouver si elle se produit ; l'analyse chimique nous apporte dies renseignements précieux sur la mauvaise qualité d’une eau, elle nous indique sa polabilité générale, mais seule la bactériologie nous renseignera sur sa pureté.

Nous ne voulions pas nous priver des informations si utiles que nous fournit l'analyse chimique et nous n'avons pas la prétention de la détrôner. ; mais il faut bien reconnaître que la chimie seule est incapab'e de nous renseigner sur le rôle étiologique rempli par l'eau dans la transmission des maladies épidémiques.

Pendant longtemps on considéra l'analyse chimique comme suffisante pour apprécier la qualité d'une eau, mais il est démontré qu'une eau chargée de substances minérales ou organiques peut être inoffensive et qu'une eau chimiquement pure peut devenir très dangereuse au point de vue biologique.

Les anciennes idées de l'hygiène ont été complètement transformées par les découvertes de PASTEUR sur la théorie microbienne et il est reconnu que l’eau est le véhicule, souvent insoupçonné, des maladies transmissibles redoutables comme la fièvre typhoïde, la dysenterie, le choléra et même quelquefois de la diphtérie et de a tuberculose. L'origine hydrique de ces maladies est admise pour la majorité des cas et si l’on a souvent incriminé le lait, le vin et les légumes, c'est que le lait et le vin étaient mouillés, les boîtes à lait rincées et les légumes arrosés avec l’eau contaminée.

BROUARDEL a prouvé qu'une des maladies la plus commune et des plus dangereuses, la fièvre typhoïde, avait une origine hydrique 90 fois sur 100.

La cause de ces maladies essentiellement épidémiques ne peut être une substance chimique, mais bien un être vivant infiniment petit, un microbe ; et ce n'est plus le chimiste seul qui doit être consulté.

Contrairement à ce que l’on a cru longtemps une eau limpide, fraîche, sans odeur, ni saveur et chimiquement pure n’est pas toujours salubre et le danger est d'autant plus grand qu'il ne tombe pas sous nos sens. Le bacille d'Eberth peut se trouver dans les eaux les moins minéralisées, aussi les eaux elaires et fraîches des sources et des puits doivent être surveillées particulièrement et la dothüénentérie sous toutes ses formes est actueliement le fléau des petites agglomérations plutôt que celui des grandes villes, dont l'eau est mieux captée ou mieux filtrée et les appareils de distribution mieux protégés et plus faciles à contrôler.

Les contradicteurs de l'examen bactériologique ont surtout attaqué le procédé de la numération des germes et ont cherché à le rejeter complètement comme inutile et encombrant. Les microbes saprophytes étant beaucoup plus nombreux que les microbes pathogènes, peu importe, disent-ils, que nous buvions une eau contenant des milliards de microbes, si ces derniers sont inoffensifs. Il est évident que la qualité doit primer la quantité ; mais nous devons admettre qu'une eau chargée d'une quantité considérable de microbes, même banaux, est susceptible plus que toute autre de contenir éventuellement des germes pathogènes.

La numération du nombre des espèces, plus importante que celle des colonies, ne peut encore suffire à l'appréciation biologique de l’eau potable.

Néanmoins, la culture sur gélatine, nécessaire à la numération, nous fournira un renseignement précieux, outre le nombre de bactéries, elle nous permet de reconnaître les espèces liquéfiantes, qui présentent une grande importance, étant un indice de pollution.

Aussi d'après l'opinion de DUGLAUX, nous considérons que « l'étude bactériologique est le complément et le couronnement utile, mais non par la seule énumération dans un échantillon puisé au hasard ÿ.

L'analyse qualitative est donc indispensable pour apprécier la qualité d'une eau aû point de vue de sa pureté et du danger d'infection possible,

Les microbes intestinaux et le vibrion cholérique sont les plus dangereux des germes qui contaminent les “eaux d'alimentation. Des fosses d’aisances, des lavoirs, des cimetières, ils sont transportés

à travers le sol, par les pluies et les eaux souterraines vers l'émetgence des sources.

Si tes microbes étaient facilement reconnaissables, il suffirait d'un microscope pour l'analyse d’une eau et l'on pourrait à la rigueur ne tenir aucun compte des autres. Malheureusement, ils passent presque toujours inaperçus «et le prob'ème est beaucoup plus difficile à résoudre ; mais nous possédons un réactif excellent dans le B. COLIT, hôte habituel de l'intestin qui nous révèlera l'existence possible ou probable du B. d'EBERTH ou du V. CHOLÉRIQUE dans les eaux.

SIGNIFICATION DU BACTERIUM COLI ÉLADE "SES "SATELLITES

Il est indiscutable que le B. Coli existe en quantités énormes dans l'intestin de l’homme et des animaux, d'autre part les eaux ne contiennent naturellement pas le B. du Colon, nous pouvons done considérer que sa présence dans les eaux d'alimentation sera la preuve de leur pollution par des matières fécales d’origine animale.

Tous les bactériologues sont unanimies à reconnaître l'absence du Bactérium Coli dans les eaux pures ; les puits artésiens analysés n'en contiennent jamais excepté celui de Maison-Laffite, contaminé par les eaux äe la Seine ; d’après nos nombreuses analyses, nous ne l'avons jamais rencontré dans leau des sources bien captées et qui ne recevait aucune pollution animale, ni dans quelques puits bien protégés et alimentés par des nappes profondes.

Pour que les eaux souterraines contiennent le Bacille du Colon, il faut donc qu'elles aient été mélangées avec des liquides de provenance animale, matières fécales, fumiers, écoulements des cimetières, eaux de lavoirs, eaux superficielles provenant d’endroits habités, etc.

La présence du B. COLI dans une eau destinée à l'alimentation ne peut donc être considérée comme un fait banal, d'autant plus qu'on ignore s'il provient d'individus sains ou maïades.

Le B. COLI, non seulement représente un élément constant de la flore intestinale de l’homme sain, mais on le rencontre fréquemment dans certaines cavités naturelles de l’homme et des animaux (bouche, vagin, urètre) et il est même cosmopolite puisqu'on le trouve sur tous les points du giobe.

Après la mort, il envahit rapidement les viscères, et le sang du cadavre et sa présence permet encore de retrouver une pollution provenant des cimetières.

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