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Sa grande parenté avec le redoutable bacille d'EBERTH suffit
pour le rendre suspect ; car il résulte des travaux de CRIMBERT, de CHANTEMESSE, de Roux, de VINCENT, de NICOLLE et de beaucoup d'autres éminents bactériologistes, que l’on ne peut isoler facilement le bacille typhique en présence du B. Coli. Et si avec MIQUEL, on peut conclure que là où il n'y a pas de B. COLI, il n'existe pas de B. d'EgerrH, toute eau contenant le B. du Colon, en quantité importante doit être considérée comme impropre à l'alimentation.
Les microbes anaérobies sont les commensaux habituels du B. COLI dans l'intestin ; d’après COHENDY, chez l'homme adulte, prenant une nourriture normale mixte (carnée et végétale), 1 milligramme de féces contiendrait 443.870.000 microbes donnant en culture 4.261.660 espèces, dont 77 % seraient anaréobies.
Ils sont d'ailleurs très répandus dans la nature en dehors des matières fécaies, on les trouve dans les urines fermentées, dans toutes les substances organiques animales en putréfaction. On les rencontre de préférence dans les profondeurs du sol, dans la vase, les fumiers, partout en un mot où des produits organiques sont ou ont été détruits et où l'air est rare et remplacé par d’autres gaz.
Quelques-uns sont les agents d'infections très dangereuses : Vibrion septique de la gangrène gazeuse, le bacille du tétanos, du charbon symptomatique, du botulisme.
Leur présence dans une eau ne peut être que l'indice d’une contatamination et nous avons spécialement constaté par un grand nombre d'analyses que si les eaux pures ne contenaient pas de microbes anaréobies, les eaux fortement polluées en renfermaient une grande quantité.
Aussi d'après VINCENT, la présence simultanée de quelques microbes de la putréfaction et de bactéries anaréobies permettraient d'annoncer le début d'une poilution considérable.
Le B. COLI et le vibrion cholérique donnant de l'indol, ce procédé de recherche aura d'autant plus d'importance que parmi les germes indoligènes nous trouvons encore : staphylococcus pyogenes aureus, proteus vulgaris, proteus mirabilis, bacillus pyocyaneus, microbes à cultures fétides et d’après DANÉ les microbes producteurs d’indol seraient {ous des germes suspects et dangereux par eux-mêmes ou par l'exalltation qu'ils procurent à des germes pathogènes,
Nous avons constaté maintes fois personnel'ement que l'analyse chimique était impuissante à reconnaître la pollution et nous citerons deux cas qui par leur importance sont typiques et où
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l'examen bactériologique seul a pu nous révéler une contamination dangereuse.
Pendant le siège de quatre années qu'eut à subir REIMS, les bombardements terribles et fréquents de l'ennemi eurent pour résultat non seulement de détruire complètement les réservoirs d'eau de la ville, mais de rendre inutilisable une partie de la canaïsation.
Après la réfection du service de distribution nous fimes des prélèvements aux sources, à l’usine et sur divers points des canalisations. L'analyse chimique nous montrait une eau de composition partout identique ; au contraire l'examen bactério'ogique nous révéla qu'en certains endroits une poilution était évidente ; ce qui permit de prendre les mesures nécessaires en attendant la remise en état des branchements défectueux.
Nos investigations nous firent retrouver de véritables foyers de cultures dans ces conduites où avait séjourné pendant longtemps une eau croupie.
Le deuxième exemple que nous signalerons résulte de l'examen des eaux de VILLE-DOMMANGE. Cette petite localité des environs de Reims est alimentée par la réunion de quatre sources : Drey-le- Bois, Petite Prévoté, Chalet, Grande Prévoté. Les analyses chimiques de ces quatre sources à leur émergence indiquaient des eaux bonnes. La canalisation qui les réunissait donnait une moyenne chimique des quatre sources également favorable ; mais au contraire l'examen bactériologique était nettement mauvais.
Des recherches nous indiquèrent la cause de la contamination. La canalisation de la source Grande Prévôté entre son émergence et sa réunion aux trois autres sources, traversait une ancienne tranchée militaire, précédemment comblée. Gette tranchée, passant en contre-bas d’un important cimetière militaire, en drainait les eaux d'écoulement et les conduisait vers la canalisation de la source Grande Prévoté qui, à cet endroit, était en mauvais état. (Voir les résultats d'analyse page 59).
Dans ce cas encore, la contamination par un cimetière, qui pouvait être très dangereuse pour toute un agglomération, ne nous était révélée que par l'examen bactériologique, aucun renseignement ‘n'étant fourni par l'analyse chimique.