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LA SAMARITAINE AU DIX-NEUVIÈME SIECLE

produit de la Samaritaine à 40 pouces (768 mètres cubes) en 2i heures. Girard n'estime ce produit qu'à 21 pouces.

Dans le décret organique du service des eaux du 4 septembre 1807, la Samaritaine figure à l'art. 1"", à côté des pompes Notre- Dame, parmi les ouvrages servant à l'élévation de l'eau'.

Il me paraît peu utile de reproduire les diverses descriptions de la Samaritaine publiées dans le cours des dix-septième et dix-huitième siècles ; on y trouverait des appréciations très-louangeuses, qui ne sont en définitive que l'abrégé du récit de Germain Bi-ice, donné ci-dessus; la seule bonne description technique est celle de Bélidor, dont j'ai fait l'abrégé. Mais, vers la fin du dix-huifième siècle, les idées changèrent avec l'état des choses : le filet d'eau monté par la petite pompe ne comptait plus dans la distribution de Paris. L'édifice de pilotis qui bouchait la deuxième arche du Pont-Neuf fut moins soigneusement entretenu, et on n'y vit plus qu'une lourde charpente en ruine, gênante pour la navigation, et coupant de la manière la plus disgracieuse les lignes de la magnifique perspective des bords de la Seine. L'opinion des écrivains du dix-neuvième siècle est donc absolument opposée à celle de Germain Brice et de ses contemporains. Je crois devoir faire quelques extraits des ouvrages de cette époque.

SAMAUITAINE-

« La Samaritaine, ornement du Pont-Neuf, dont plusieurs écrivains ont fait une belle description, n'est qu'un vilain bâtiment carré, adossé au Pont-Neuf, dressé sur pilotis, et qui rompt de toutes parts un superbe coup d'oeil. Ce bâtiment avait titre de château royal, avec un gouverneur ancien domestique du roi, qui ne venait jamais dans ses Etats.

* Voy. ce décret. Manuscrits des Archives nationales. Seine, 18, F. 5, Eaux, ï Miroir historique, politique et critique de rancien et du nouveau Paris, par L. PrUdhomuic, t. lil. Paris, 1807, page 290.

« Le sous-gouverneur adininislrait la pompe qui élève l'eau de la Seine pour la distribuer aux fontaines publiques du Louvre, du jardin des Tuileries et dans plusieurs quartiers voisins. Le petit bàliaicnt de la Samaritaine fut construit sous Henri IV, à la seconde arche du côté du Louvre; la machine hydraulique cl l'horloge qui jouait des airs à toutes les heures ont été démolies en 1712 et rebâties en entier : elles ne furent achevées qu'en 1774. Le même jour que Louis XYl vint à Paris rétablir le Parlement dit du chancelier Maupou, au moment où ce roi passait sur le Pont-Neuf pour se rendre au Palais de Justice, le carillon de la Samaritaine joua pour la première fois cet air maintenant si connu : Oh peut-on être mieux qu'au sein de sa famille...

« Au bas du cadran est un grand bassin doré qui reçoit les eaux du réservoir pour les dégorger à son tour dans des tuyaux qui les portent à leur destination. Ces eaux, en tombant sur une coquille, et de là dans un bassin, forment une cascade trèsagréable. Le bassin était accompagné de deux figures en plomb, bronzées et dorées, dont l'une représentait Jésus-Christ assis, et l'autre la Samaritaine puisant de l'eau au puits de Jacob et s'arrêlant pour écouter le Christ. Ce groupe, fondu sur les modèles de Fremin et Bertrand, a été renversé en 1793. Sous le bassin était l'inscription suivante :

FONS IIORIOIIIM PIITEl'S AQUAftUM VIVENTIIM.

Dans une nouvelle édition publiée en 1814, le même auteur réduit sa description aux lignes suivantes' :

« La Samaritaine , ornement du Pont-Neuf, dont plusieurs écrivains ont fait une belle description, a été détruite par ordre de Buonaparte. »

* Même ouvrage, édition de ISl i, t. 1.

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