‹ Les eauxChapitre 108 sur 310 · LES POMPES DU PONT NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

LES POMPES DU PONT NOTRE-DAME

(sdite)

Faible rendement des pompes. — Mort de Jolly. — M. de Mance n'est plus chargé de l'entretien du Grand-Moulin. — Nouveaux fermiers. — Les choses ne vont pas mieux. — Faible rendement de 1680 à 1700. — Renncquin est chargé de l'entretien des machines, il les modifie complètement. — Description de BéliJor. — Bélidor est lui-même chargé par Turgot de reslaurer les pompes. — Améliorations obteimes.

Faible rendement des pompes. — On croyait donc à la surabondance de l'eau élevée p;ir les machines, mais on ne larda pas à reconnaître qu'on était sur ce point dans une bien grave erreur. Nous trouvons dans les registres de la ville une ordonnance du 25 juillet 1676 portant :

« Que Denis Jolly demeure dischcu de jiouuoir prétendre aulcuiie chose pour l'entretien de la machine au dessoubz du pont Nostrc-Dame, attendu (jue I entretien n'a nullement esté bien l'aict'. »

Colle ordonnance conslale un point de fait d'une grande imlioitance : trois ou quatre ans à peine après son achèvement, la

• Rogislicsdo l;i ville, vol. XLVItI, 11. \i:ir.\ U. 570.

ADJUDICATION DE L'ENTRIiTIEN DES POMPES. 259

machine éprouvait des chômages forcés de plusieurs mois : on verra qu'il n'était pas possible qu'il en fût autrement.

« Nous auions reconnu (dit le procureur du Roi et de la ville) pav les descentes que nous y auions faites en diuers temps depuis le mois de mars dernier, que lad" machine ne trauailloit point et nefaisoil aucune esléuation d'eau, ce qui l'obligeoit de nous requérir conformément à la clause précise portée par le susd' traité que led' JoUy fut déclaré descheu de pouvoir prétendre aucune chose pour l'entretien de lad" maciiine depuis la fin du mois d'auril dernier jusques à présent... »

« Nous ayant esgard ausd'' remontrances et conclusions dud' Procureur du Roy et delà ville, faute par led' Jolly... l'auons déclaré desclui de pouvoir prétendre aucune chose pour l'entretien de lad" machine depuis le premier juin dernier jusques à ce que lad" machine fasse actuellement l'esléuation desdits trente poulces d'eau... »

Jolly ne fut donc pas frappé d'nne déchéance réelle ; il fut simplement mis en demeure d'exécuter son traité plus régulièrement. Il était encore chargé de l'entrclien de la machine lorsqu'il mourut en 1679. 11 fut alors décidé que cet entretien serait mis en adjudication.

que « l'cntretenement de la dite pompe seroit donnée au bureau de la ville au moins disant... Le Prévost n'ayant pas reçu d'offres plus aduantageuses que celles faites par Louis CoUin dit Mougin, le déclara adjudicataire en ces termes, le M septembre 1679 : Après que toutes les formalitez en tel cas requises ont e4é gardées et observées, auons, ouy et à ce consentant ledit Procureur du Roy cl de la ville, baillé et délaissé, baillons et déhiissons par ces présentes audict Louis Colin dit Mougin, demeurant sur le pont Notre- Dame à ce présent et acceptant comme moins disant l'eutretien de ladite pompe et machine... pendant trois années quy ont commencé du premier jour de juillet dernier moyennant la somme de six cens cinquante liures par chacune desd"^ trois années outre le logement dudit Colin qu'il aura dans led' petit moulin, laquelle somme lui sera payée en vertu de noz mandements par maistre Nicolas Boucot, rcceueur du domaine dons et octroys de lad" ville aux quatre quartiers en Tan, à Paris accoustumés'.

' Registres de 1;\ ville, vol. L, 11. 18i7, fui. 475.

MoyonnaiU colle bien modesle somme, Colin devait mainlenir la machine en étal d'élever conslaiumenl les Irenles pouces d'eau promis par Jolly; il availcliarf;e en oulie :

« De fournir les clialiiis, ;^r.ii?se, ilui.s!(^ saint dou.v et cuir nécessaire pour faire aller lad" pompe et machine, de faire ressouder toultes fois et quanics ce qu'il conviendra les thuyaux, cuucUes et autres seruant à eslcuer et reccuoir Icsd" eaux et autres meniics réparations à faire auxd'"^ pompe et niacliiue, mcsinc de fournir des petits boulions de fer où il en conviendra... »

Il était en outre soumis à des retenues proportionnelles sur la somme de 650 livres pour tout chômage déplus de quinze jours consécutifs.

Les pompes du Grand-Moulin ne marchaienl pas mieux que celles du petit. Voici en effet les résultats de quehpies jaugeages faits vers celle époque.

On vient de voir fpi'en 1076 le Petil-Moulin élail en chômage absolu depuis la fin de mars jusipi'au 25 juillet, é|)oque où Jolly fui mis en demeure de mieux satisfaire aux conditions de son marché; celle mise en demeure produisit son effet, car le 21 octobre de la même année on conslatiil tpie le Petit-Moulin montait 50 pouces d'ean. Le Grand-.Moidin à la même date n'en renilait(pie 12.

En 1678, Anllioinc Dorival, serviteur ordinaire delà ville, fit plusieurs jeaugeages successifs sous la surveillance de M. Piei're de Beyne, premier échcvin. et du procureur du Pioi et de ia ville.

Voici le résultat de ces opérations :

^0MBnE DE POrCES MONTES

1!2 juin 1G78.

2j juiu — .

25 juillet — .

5 août — .

-.ri.isu-lloiLis.

rEIlI-MOCI.lX.

02 à ôô

Bail il entretien du Grand-Moulin. — D'après le Irailé passé le 21 mars 1670 avec Fondrinier poiu' le compte de .M. de Mance,

Page 1