LES POMPES, ETC. — CONCOURS OUVERT
projet, et jetait nn grand jour sur les défauts multipliés de la pompe du pont Notre-Dame; que les sieurs Boni ton et Walt, mécaniciens anglais, avaient aussi reconnu que les imperfections de l'établissement diminuaient beaucoup le produit qu'on devait en attendre.... que les dépenses à faire, d'après le sieur Mailly, étaient de 84000 liv. non compris une quantité considérable de bois, de fer, de plomb et de cuivre faisant partie de la macbine dont il demandait l'abandon ; qu'il n'entrerait certainement pas dans l'intention du bureau que le sieur Mailly fût admis à faire les travaux sans marché préliminaire et sans qu'on eût une connaissance plus précise de la dépense à faire et de sa capacité ; qu'd convenait d'attendre, pour se décider, la réunion des mémoires que la disiribution dn programme et l'espoir d'un prix de 12000 livres devaient procurer'....
Le concours eut lieu en effet, et parmi les concurrents figurait Rondelet % qui présenta une pompe de son invention. Il fut autorisé à en faire l'essai avant le concours, dont le terme était fixé au l'"'' août 1788. Rondelet demandait pour faire son expérience une somme de 6000 livres qui lui fut accordée. La pièce principale dont il avait besoin était un tuyau de 84 pieds (27™, 29) de hauteur et de 16 pouces (0",43) de diamètre. Comme il ne s'agissait que d'une expérience, Rondelet admettait que ce tuyau serait exécuté en bois de sapin. Il devait être appliqué contre la tour du pont Notre-Dame, à l'angle méridional, sur la façade qui regarde le pont au Change. Le bas de ce tuyau était placé dans un réservoir en bois de chêne ; à l'extrémité supérieure se trouvait un canal qui conduisait l'eau élevée dans la cuvette de disiribution de la toiu". Il n'est fait, du reste, aucune description de l'appareil destiné à monter l'eau. Au dire de Rondelet, il était fort simple et peu coûteux et pouvait être adapté à la roue d'une des deux pom-
' Manuscrits des Archives nalionales, liasse H, 1958. — Pièces 125 et 126.
- Je suppose qu'il s'agit de notre célèbre ingénieur et architecte Rondelet, né à Lyon en 1745, mort à Paris le 25 septembre 1829. On a de liondelet un traité théorique et pratique de l'art de bâtir, ouvrage fort estimé, divers mémoires importants et la traduction des commentaires de Frontin sur les aqueducs de Rome, avec des notes Irès-intéressantes.
pes du poni Notre-Dame. Il devait monter environ 100 pouces d'eau '.
Je ne trouve dans les pièces des archives rien qui établisse que la pompe de Rondelet ait fonctionné ou môme qu'elle ait été complètement établie; nous ne connaissons pas non plus le résultat de ce concours; il est très-probable qu'il n'eut aucune suite, et il est certain que les pompes ne furent pas réparées, car nous trouvons, quelques années plus tard, une correspondance ouverte entre les maires et adjoints de Paris et M. Périer au sujet de cette réparation ; j'extrais le passage suivant de la lettre de M. Périer :
Ce 25 avril l'an 1792, 4° de la Liberté. Messieurs,
Vous m'avez fait l'iionneur de me consulter sur les moyens de rétaljjir provisoirement la pom|ie Notre-Dame ou de suppléer son service, cette pompe fournissant l'eau à un grand nombre de quartiers
La réparation de la pompe Notre-Dame, qui serait très-dispendieuse, ne pourroit être que provisoire ; l'état de cette machine est tel qu'il nécessite une reconstruction tout entière, parconséquentunedépense considérable-....
Les pompes n'avaient donc point été réparées à la suite du concours de 1788.
Elles ne le furent pas non plus à la suite de la correspondance dont il vient d'être question, et leur état de délabrement attira l'atlention de la nouvelle municipalité et du gouvernement. L'ingénieur hydraulique en chef, M. Bralle, adressait, le 25 fructidor an III, à la commission des travaux publics, un rapport sur la nécessité de réparer la machine du pont de la P»aison ; c'était le nouveau nom du pont Notre-Dame. Il rappelait à la commission qu'il l'avait conduite sur place l'année précédente, qu'elle avait pu juger par elle-même de l'état de la machine, qu'une année de plus, elles glaces du dernier hiver avaient nécessairement aggravé
' Mnmiscrits (les Archives iintiniialcs, lia<si' 11, lll.'iH. l'ièies I7'2, 17."). 171 ri 17."). » Idnii, liiisse IS, F. Ti. — E;iiix. n" C.