LES POMPES DU PONT NOTRE-DAME. — LEUR DEMOLITION
Le ministre répondit le 8 pluviôse an VI.
« Il résulte, citoyens, des renseignements qui auraient été donnés à cet égard qu'il n'a pu être dressé de devis estimatif des ouvrages à exécuter, parce qu'à l'époque à laquelle ils ont été autorisés, les différences qu'éprouvait journellement la valeur du papier-monnaie ne permettaient pas d'en tenir le montant. ' «
On a vu que Bralle expliquait tout autrement l'impossibilité de faire une estimation de la dépense. Mais, quoi qu'il en soit, la raison donnée par le ministre parut suffisante et la pompe du pont Notre-Dame fut réparée, ce qui était l'essentiel.
J'entre dans tous ces détails pour démontrer, par des faits, combien cette centralisation extrême, qui fait remonter les plus minimes affaires jusqu'au chef de l'administration, est contraire au bon entretien, surtout à celui des établissements hydrauliques.
État des pompes du pont Notre-Dame, en 1858, au moment de leur démolition. — Les pompes du petit moulin ne marchaient plus depuis longtemps. Celles du grand mouhn se composaient des petit et grand équipages décrits ci-dessus et d'un équipage supplémentaire d'une origine plus moderne, comprenant chacun trois pompes comme du temps de Rennequin. L'établissement était régulièrement entretenu en régie comme tous les établissements hydrauliques de la ville. On n'y voyait plus des palées entières détruites par la pourriture ou par l'action des eaux et des glaces et menaçant d'entraîner tout l'édifice dans leur chute, comme à l'époque de la visite des commissaires de l'Académie des sciences : on avait enfin compris que les ouvrages de ce genre doivent être réparés au jour le jour et sans attendre la menace de ruine.
Le produit des pompes était devenu régulier et dépassait presque toujours 500 mètres cubes par équipage, comme on le voit sur le tableau suivant qui donne le produit des pompes pendant les deux années 1856, 1857.
1 Manuscrits des Archives nationales, f. 15, 870, n. 409.
F.\I1 MONTÉE PAR LA MACHINE DE NOTRE-DAME PENDANT LES ANNÉES 1S56 ET 1857 KAU MONTÉE EAD MONTÉE
1;N UFTllEÇ CLBES EN MÈTIIES CCBES
Janvier ') 12 522 » 404
F.'vner » 15 829 » 565
Mnrs 8ifl2 i)47ô 271 505
Avril r.5 290 51 Oifi 1176 1065
Mai Ci 252 55 755 2072 1152
Juin 57 370 57 Ô86 1012 1246
Juillet 49 870 55 055 1609 1066
Anùt 14 566 46 940 470 1514
Soptemi.re 51515 52 756 1041. 1758
Octobre 50 158 46 904 1018 1513
Novembre 41973 36 152 1599 1205
Décembre 15 3'i8 46 127 494 1488
Totaux 568 522 404 825
Si l'on relranche les mois de grandes eanx où le produit des pompes se réduit presqu'à rien, c'est-à-dire les mois de janvier, février, mars et décembre, on voit que les pompes montaient de 1 000 à 1 500 mètres cubes d'eau par viiigt-qnalre heures, suivant que la machine travaillait avec deux ou trois équipages.
La démolition des pompes du pont Notre-Dame devint indispensable lorsqu'on reconstruisit le pont en 1858. Les pilotis qui supportaient les deux établissements et la tour, encombraient les deuxième et troisième arches du vieux pont à partir du quai de Gesvres, comme on le voit sur le croquis suivant. Le grand moulin, qui fonclionnait encore, est figiu"é à gauche, le petit moulin est à droite; la lour s'élève entre les deux. Ce dessin, qui est certainement gravé d'après une photographie, montre que l'ensemble de l'édifice était en bon état et bien d'aplomb. On avait donc fait les travaux de consolidation conseillés en 1760 par l'Académie des sciences, et depuis la machine avait été régulièrement enlrelenue ; mais, ainsi que je viens de le dire, on avait laissé les deux équipages dans l'état où ils étaient du