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PROJETS DE MACHINES HYDRAULIQUES. — DIX-UUITIÈME SIÈCLE

de trente sols pour chacun homme et trente sols pour chacun cheual, vingt deux liures dix sols et pour l'entretien annuel de la dite machine il contera au moins mil liures.... il conviendra construire un réseruoir de la continence desixcentmuids d'eau — qui pourra coûter environ cinquante mille liures'.»

Le bui'eau donna donc un avis favorable le 7 août 1719. 11 n'est plus question de cette machine dans les délibérations du bureau. Il est probable qu'elle ne fonctionna jamais.

Le faubourg Saint-Antoine était fort mal alimenté d'eau. La ville y fît construire quatre fontaines qui n'étaient point encore en service vers 1724. Une compagnie, qui prétendait avoir le droit de construire des machines sur toutes les rivières du royaume, présenta au Régent un mémoire à l'effet d'obtenir, avant de faire renouveler son privilège, le droit de distribuer l'eau pendant cent ans dans ce faubourg et autres lieux, à la condition que le bureau voudrait bien « se démettre en faueur de la compagnie pendant l'espace de cent années des droits que la ville peut avoir tant sur les eaux de la riuière que sur les fontaines dudit fauxbourg ». La compagnie s'engageait à payer à la ville une redevance modeste, etc.

Le bureau repoussa énergiquement cette proposition « comme inutile, préjudiciable aux droits de la ville de Paris et contraire aux intérêts de ses citoyens" ». Cette proposition n'eut aucune suite.

Le sieur Petitot, ancien secrétaire du gouvernement de Lyon, offrit en 1745 de construire à ses frais des pompe» à manège, qui élèveraient, à la hauteur de l'Est.'apade environ, trois cents pouces d'eau de Seine. Ces pompes devaient être établies au delà de la porte Saint-Bernard, et le sieur Petitot demandait le privilège exclusif et perpétuel de vendre cette eau à raison de cent cinquante

» Registres de la ville, vol. LXXI, H. 1848, fol. 100. » Registres de la ville, vol. LXXIV, fol. 44 et suiv.

livres la ligne. 11 réduisait à cent livres le prix de l'eau (}ue la ville pourrait lui prendre.

Celle demande fut renvoyée au prévôt des marchands le 1" décembre 1745. Le bureau, tout en reconnaissant l'utilité du projet, mit avec raison en doute la possibilité du succès. Il ne s'opposait d'ailleurs nullement à ce que le roi accordât le privilège demandé'; le projet n'eut aucune suite.

Le 5 juillet 1777, M. Amelot, secrétaire d'Etat, fit parvenir au bureau de la ville un projet du sieur Deforge, qui contenait les propositions suivantes :

1° Faire construire un pont en pierre en face du bastion de l'Arsenal, auquel on adapterait une machine hydraulique.

2° Détruire la pompe du pont Notre-Dame et employer le prix des matériaux qui proviendraient de celle démolition à acquitter le prix des tuyaux de fer que M. Deforge se proposait de substituer aux tuyaux de plomb.

5° Obliger les porteurs d'eau à aller aux nouvelles fontaines, etc., etc.

Le bureau, tout en donnant des éloges au projet, le repoussa cependant en faisant remarquer que parla destruction des pompes Notre-Dame, M. Deforge ôlait tout avantage au projet puisqu'on perdait d'un côté ce qu'on gagnait de l'autre, que les tuyaux en fer (fonte) ne valaient pas mieux que les tuyaux de plomb, qu'il paraissait difficile d'ôler aux porteurs d'eau la faculté de prendre l'eau gratuitement aux puisoirs établis par la ville dans le lit de la i>e\ne.

Comme dernière considération le bureau ajoutait que « si le projet de M. Deforge étoil adopté, il seroit un obstacle à celui de l'Yvette dont la possibilité et l'utilité ont été démontrées par les examens et les analises les plus exacts ». Par ces considérations le projet fut repoussé'.

' Registres de la ville, vol. LXXXIV, fol. 61,î * Registres de la ville, vol. C, H. 1877, fol. 250.

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