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PROJETS DE MACHINES HYDRAULIQUES. - DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Je ne sais si je dois mentionner ici l'aulorisation accordée aux sieurs Pierre Charles, mécanicien, Jean-Baptiste Gharier, peintre, el Jean Joseph Philibert Choignet, maître menuisier-mécanicien, d'établir h l'extrémité de l'avant bec d'amont de la première pile du pont de l'ile Louviers, côté du quai des Célestins, une pompe à chaîne et godets, de l'invention du sieur Charles, destinée à relever l'eau nécessaire à la placede la Bastille. Les clauses de cette concession sont énumérécs dans nne délibération du bureau de la ville en date du 26 mars 1780'. 11 est douteux que cette petite machine ail fonctionné.

Essais de filtrage des eaux de la Seine. — Les sieurs Jean- Baptiste Molin de Montbruet et Nicolas Ferrand obtinrent des lettres patentes du roi en date du 2 juin 1763, scellées du grand sceau de cire jaune, leur permettant d'établir à Port-à-l'Ânglais et à d'autres points en descendant vers Paris « un ou plusieurs bateaux propres à puiser les eaux, el à les battre, filtrer et épurer pour les besoins de ceux des habitants de cette ville qui voudront s'en pourvoir, le tout conformément aux projets approuvés par la Faculté de médecine. Ces eaux ainsy préparées et tirées du réservoir ou elles auront été reçues, seront mises en bouteilles, jarres ou autres vaisseaux et cachetées pour ensuite être transportées par des batelels en cette ville, et y être vendues et débitées soit sur les ports, soit dans les maisons ».

La concession était faite pour vingt années à partir de la date des lettres patentes. La cour, avant d'enregistrer ces lettres, ordonna qu'elles seraient communiquées au bureau de la ville pour avoir son avis.

Le bureau, d'après les conclusions du procureur du roi et de la ville, fil ressortir lous les avantages du projet des pétitionnaires qui avaient l'intention de puiser l'eau en amont de Paris, c'est-à-dire en un lieu oii le fleuve n'est pas troublé par les ordures de toute

« Registres de la ville, vol. CI, H. 1878, fol. 535 et suiv.

sorte apportées dans l'intérieur de la ville par les ruisseaux des hôpitaux, les égouls des manufactures, les bouclieries, les tanneries, les latrines, les sels caustiques, les plâtres calcinés, les détritus des bois flottés, le blanchissage du linge, le lavage des viscères des animaux, qui proposaient de filtrer cette eau si supérieure en qualité à celle des machines de la ville, d'abord dans une couche de beau sable de quatre pieds (l'",50) de largeur et de quatre-vingts pieds (25'",90) de longueur et deux pieds (0"',G5) de hauteur puis ensuite à travers de douze cent quatre-vingts filtres circulaires d'un pouce de diamètre dans chacun desquels serait enfermée une éponge fine bien nettoyée, passée à l'esprit de vin et recouverte d'une élamine bien déliée. L'eau devait ensuite être aérée dans un réservoir exposé à un courant d'air.

Le bureau, nonobstant l'avis favorable de la Faculté de médecine, élevait quelques objections contre l'emploi des éponges, et les impétrants renoncèrent sans difficulté à cet emploi, le sable étant suivant eux bien suffisant pour obtenir un bon filtrage'.

Les lettres patentes conservant d'ailleurs aux habitants de Paris et aux porteurs d'eau le droit de prendre l'eau où bon leur semblerait, et la navigation élant suffisamment sauvegardée puisque les filtres étaient placés hors de Paris, le bureau concluait ainsi le 7 juillet 1705 :

« Sous ces oljservalions nous estimons sous le lion plaisir de la cour que les lettres patcnles obleniiës par les Impélrans le 2 juin dernier peuvent être enregistrées pour être exécutées suivant leur forme et teneur-. »

Malgré cet avis si favorable, il ne paraît pas que les sieurs de Monlbruet et Ferrand aient jamais fait usage du privilège qui leur était accordé '•.

' Des (■pnngc.<! placi'cs .nu-dessous du sable auraleul élo peu utiles eu effet. Lefillre de la maison Védel, eni[>liijé depuis si lorif;lemps dans les fontaines marchandes de la ville, se compose aussi (l'éponges et de faille; mais les éponges sont placées au-dessus du sable et arrêtent presque toutes les ordures; rdles diminuent considériihleinenl le nombre des nettoyages des filtres; elles remplacent avec avantage les bassins de dépôt des grands filtres.

» Registres de la ville, vol. LXXXXIII, II. 1870, fol. 2(14 et suiv.

'• Je suis entré dans tous ces détails |)our faire comprendre comment on entendait le fil-

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