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PROJET DR DÉRIVATION DE L'YVETTE

ils plaçaient mal les éponges. Mais j'insiste peu là-dessus, je raisonnerais sur des hypolhèses ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'à la lin du dix-huitième siècle, on ne vendait pas encore à Paris d'eau vraiment fillrée.

Tous les projets dont il vient d'être question, n'eurent donc aucun succès, et il devait en être ainsi : c'étaient de petites spéculations, qui étaient loin de satisfaire aux besoins les plus urgents d'une grande ville Le projet dont il me reste à parler était conçu dans un véritable esprit de désintéressement et sur des bases bien plus larges que tout ce qu'on avait proposé ou exécuté justpi'alors. 11 aurait, suivant moi, conduit à de grandes déceptions ; mais il introduisait dans le service d'incontestables améliorations, notamment l'assainissement de la ville par le lavage des rues, des égouts, lavage qui a été réalisé, plus lard et d'une manière plus complète, par l'établissement du canal de l'Ourcq.

Dérivatio7i de l'Yvette proposée par de Parcieuœ. — A la suite (le la visite des pompes du pont Noire-Dame qu'il fit en 1760, de Parcieux fut très-frappé de l'état précaire de la distribution d'eau de Paris et chercha le moyen de donner à ce grand service tout le développement qu'exigeait l'importance de la ville.

Eu 1762, 1766 et 1767, il lut à l'Académie des sciences, trois mémoiresdans lesquel sil proposait de dériver les eaux de l'Yvette', au moyen d'un canal maçonné, mais découvert, pour les conduire dans le quartier de l'Observatoire. La description du tracé, du profil de la conduite et des principaux ouvrages d'art, est faite avec beaucoup d'exactitude dans ces trois mémoiies, remarquables à tous égards, et qui ont valu à leur auteur une juste popularité.

' L'Yvette est une petite rivière qui prend sa source près de Cernay-la-Ville, passe p.ir Dainpierre, Chevreuse, Orsay et vient déboucher dans rOrgc un peu en aval de Lonjumeau. L'Orge ionibe dans la Seine près d'Atliis; à Palaiscau, un peu en amont de Lonjumeau, la vallée de l'Yvelte est séparée de celle de la Biivre par un plateau dans lequel existe une dépression assez profonde. C'est par cette dépression que Perrunct proposait de faire passir le canal.

Après la mort de tic Parcieux, un arrêt du conseil d'Etat du 30 juillet 1709 désigna Pi.'n'onel et Ghézy pour continuer son œuvre.

Ces deux célèbres ingénieurs trouvèrent les idées émises par leur prédécesseur si justes qu'ils les adoptèrent presque sans modification; ils proposèrent seulement d'augmenter le volume des eaux dérivées, en y ajoutant celles de la Bièvreet de quelques petits affluents, et de faciliter la dérivation, en remontant vers Saint- Remy, à l'aval de Chevreuse, la |)rise d'eau que de Parcieux proposait de ftiire un peu plus bas, au moulin de Yaugien, D'après ces nouvelles propositions, la portée de la dérivation, en basses eaux, était ainsi réglée par 24 heures :

MKTllES Oll'ES

pL-bil de l'Yvette, de ses affluents et d'un réservoir

de 40 arpents l'ait à SaintRemy 19 195,7)0

Prise d'eau de la Bièvre 8 657,70

Total 27 855,00

Soit 28 000 mètres cubes.

La longueur de la dérivation de l'Yvette était de 17 352 toises (33 819'", 68) ; celle de la dérivation de la Bièvre de 1890 toises

' Les iiriiicipaiix ouvrages d'art étiiioiit les suivants :

1° Pont aqueduc à Toui'voie, sur la vallée de Rungis, longueur 616°, 79; luiutenr maximum SO",?!!; 25 arcades en plein cintre de 19'",49 d'ouverture.

2° Tunnel sous le seuil de l'alaiseau, pour p;isser de la vallée de l'Yvette à celle de la liièvre; longueur I.'jOO mèlres environ.

5" Exhausemeut du pont-aqueduc d'Arcueil.

-4" Chàlcau d'eau dcnii're l'Observatoire: à peu près dans remplacement de la gare du chemin de fer de Sceaux.

La prise d'eau avait lieu dans la vallée derVvctte, vers Saiut-Rémy, en aval de Clievreuse ; Perronct proposait d'y conslruire un réservoir de iù arpents, dont la (pieue se serait étendue jusqu'à Chevreuse; il prctiait les ruisseaux de Cnurhetin, de Port-Hojal, de Goutte d'Or et de lîures; ces prises d'eau accessoires doublaient la porlée de la dérivation. L'eau arrivait à Pans à 23 pieds, 1 1 pouces, 1 ligue (7". 77) au-dessus du bouillon d'.\rcueil. Perronet. aloptint le système de de Parcieux, proposait de la faire passer par une couche de sable pour la liltrer; elle arrivait après ce filtrage, b 12 pieds 1 1 pouces t lignes (4", 20) au-dessus du même point.

Le radier du bouillon d'Aicueil est à l'allitude 50"', S8. L'eau, d'après le projet de Perronet, arrivait donc, avant filliage, ;i l'allilude 0l'",()5. La pente du canal étant de (l°',208 el sa longueur de 55 S 1 9 ',<18. l'allitude du point de départ à Sainl-Rémy devait élre de 7 1 ",US; et en effet, nous trouvons siu- la caite du bureiu de la guerre, en ce point, la cote de 74 mè-

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