LES POMPES A FEU. — AVIS DU BUREAU
comme des entreprises particulières, dont les auteurs, lorsqu'ils y seront autorisés, seroient obligés de faire toutes les dépenses et de courir tous les risques.
a L'adoption de l'un ou l'autre de ces projets ne nousparoît devoir être faite que provisoirement, sous la réserve de celui de M. de Parcieux, et en attendant qu'il puisse avoir lieu
a Sur la 5' question, les conditions indiquées ci-dessus nous paroissent suffisantes pour concilier l'espérance de voir exécuter le projet de M. de Parcieux avec l'exécution de celui du sieur Périer ou dudit Capron. ■>■>
Le bureau repoussait ce dernier projet comme impraticable, et inadmissible d'ailleurs, puisqu'il exigeait la démolition de la pompe du pont Notre-Dame.
Le prévôt des marcbands ajoutait : « Il n'en est pas de même de celui du sieur Perrier, que nous trouvons bien plus simple, sa pompe à feu ayant pour moteur la vapeur de l'eau dont on connoît la puissance. Son succès dépend uniquement de la précision et de rintelligence qu'il peut mettre dans son exécution.
« Le sieur Perrier ne demande au Gouvernement que de la protection , ses dépenses seraient faites entièrement par la compagnie qu'il formeroil ; il se soumet à la durée d'un privilège de 15 ans après lequel sa machine seroit abandonnée ou détruite si on l'exigeoit.
« Son projet ne peut toucher à la chose publique que par deux seules considérations : l'une seroit la consommation trop excessive de charbon de terre, l'autre seroit l'incommodité que pourvoit en causer la fumée et l'odorat.
« Nous ne pensons pas que le premier inconvénient soit à redouter, lorsque nous faisons attention à l'abondance de matière de charbon.... Le second s'évanouiroit si on éloignoit à quelque dislance de la ville la situation de la machine. »
Le bureau, en examinant la 4' question, repoussait les prétentions du chevalier d'Auxi ion, qui n'était nullement l'inventeur de la machine à vapeur, pas plus que le sieur Périer : cette ma-
cliine est due, njoiilail le bureau, à M. Papin, qui l'a proposée en 1695'. Le clievalicr d'Auxirou (lem.iudail l'abandon gratuit des tuyaux publics, duut la valeur était de 1500000 livres, et par conséquent de la pompe du pont Notre-Dame, qui élevait 100 pouces d'eau. Celte demande seule suflisail pour faire repousser son projet.
Le bureau lormulait ainsi son avis : «Par ces considérations, notre avis est : 1° que tout utile que peut être le projet de M. de Parcieux, la Ville n"cst point en situation de commencer à en exécuter aucune portion ; 2° que la concession d'un privilège en faveur de l'un des projets provisoires qui sont proposés doit être fixée à un terme de 15 années ; 5" que de ces deux projets proposés par le sieur Caïa-on et le sieur Perricr, celui du dernier mérite la préférence; 4° que le chevalier d'Auxiron n'est pas non plus dans des circonstances iî obtenir la [)référence sur le sieur Perrier, à qui elle nous paroît aussi due sur le chevalier d'Auxiron luimême; 5" enlin, qu'eu accordant au sieur Perricr un privilège qu'il demande de former son établissement de pompes à feu, il convient que le privilège soil exclusif, et la durée de 15 ans, el qu'en le lui acconlanl ce soit sous la condition qu'il soil obligé de mettre sa machine dans sa perfection dans le cours de 5 ans, et en état de distribuer 150 pouces d'eau, passé lequel temps le
piivilége demeureroil md et en outie sous la condition (pi'il
ne pourroil former son élablissemenl que dans le lieu le plus convenable qui lui seroil indiipié, sons la réserve expresse de celui
' On me pnrrirmiiera de donner ici la descrijUion de la mailiine de Papin, due ii un aiileur anglais, M. liaiikino.
« I.a preinièi-e idée de melïre un piston en mouvement au moyen de la vapeur et d'app'i- ()uer celle loree à de= mécanismes doit cire allribuée à Henjs Papin, qui, vers l'année 1090, loiislru.Mt nn nu délc de macliinc, composé d'un cylindre veitical cl d"un piston. A li partie inféiiiuic du cylindre était placée une pclite quantité d'eau. Lorsqu'on cliauffail celle partie du cvl.'ndre, l'eau (nlrait en ébullilion et élevait le pis-ton. Lorsque l'on retirait le feu, 'a vapc r .se condensnit el le pislon ledcsrerdait par l'action de la pression atmosplicrique., Papin proposa de construire des machines d'après ce principe, pour l'aire mouvoii' les pompes le; roues ;i auhes des va sseaux, et d'anlrcs machine- ; la transmis.'ion des mouvcmenls étant faite au moyen d'a|'pareils à crémaillère, de pignons el d'engrenages. Dis ans avanl, Papin avail inven'é la sniipape de sùrelé des cha;idières.