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LES POMPES A FEU. — DESCRIPTION DES MACHINES

Ce piston, qui monte et descend dans le cylindre à vapeur, est attaché à rextrémité d'un balancier Irès-élevé sur son axe, et dont le jeu de fléau imprime, à son autre bout, le mouvement à une pompe de 26 pouces de diamètre et de 8 pieds i poures de levée, dont le piston aspire l'eau du fond du bassin qui la reçoit de la rivière.

Le même balancier, par son mouvement alternatif, ouvre et ferme les soupapes qui permettent ou empêchent l'introduction de la vapeur dans le cylindre; il y fait aussi lancer l'injection d'eau froide qui produit le vide; il restitue enlin à la chaudière autant d'eau qu'elle en perd par l'ébullition et l'introduction de la vapeur dans le cylindre ; en sorte que cette machine n'a besoin que d'un seul homme pour alimenter son fourneau. Elle donne 8 à

mée dans le cylindre A, au-dessous du piston, était donc cnndensne. N"af;i?sant plus que sur la face supérieure du piston, la vapeur le forçait à descendre. Le contie-poids D était entraîné, remontait avec le piston de la pompe C qui aspirait feau ; la ponipe à air 0 commenfait son mouvement d'aspiration sur l'eau condensée et les gaz non condensés et en même temps refoulait l'eau élevée au-dessus du piston. Lorsque le piston à vapeur arrivait à la limite inférieure de sa course, la soupape I du condenseur, celle de l'injection d'eau froide se fermaient. La soupape H d'équilibre s'ouvrait; la [lompe à air en descendant faisait passer par les soupapes l'eau et les gaz aspirés au-dessus de son piston ; le piston à vapeur remontait. C'est ainsi que se continuait indéfiniment le mouvement alternalif.

Le diamètre de la pompe C est de iC> pouces (0",70i), la longueur de sa course de 8 pieds i pouces (2", 707), en admettant que le volume d'eau monté fût égal aux quatre-vingt-dix centièmes du volume engendré par le travail de la pompe, on trouve par un calcul trèssimple qu'à chaque coup de pislon la pompe devait enlever 1°",053 d'eau.

Pour compléier cette description, il faudrait indiquer comment les soupapes H, I et celle de l'iiijection d'eau froide s'ouvraient et se fermaient automatiquement. Mais cela exigerait d'aulres figures que l'étendue de cet ouvrage ne comporte pas. Je me bornerai à dire que cette ouverture et celte fermeture se faisaient par l'effet d'une poutrelle E qui montait et descendait avec le balancier B et par des contie-poids qui y étaient attachés. Les soupapes tournaient autour d'axes qui traversaient les parois du cylindre F et se terminaient par des bras de levier sur lesquels agissaient la poutrelle et les contre-poids.

Le principal défaut de ces premières machines de Watt était de ne pouvoir détendre ; elles consommaient donc beaucoup de chaibon. La détente a été inventée par Walt en 1778; mais cette invention n'était pas applicable aux machines à simple effet. Il e-t probable, au contraire, que les grandes machines à épuiser, conslruites par Smealon vers 177.'), avaient une détente, naturelle (qu'on me passe rcxprcssiim) qui tenait au poids énorme des tiges de pomies et au contre-poids fixé au piston à vapeur qu'elles devaient soulever. Une fois l'impulsion donnée à toute celte niasse, il fallait bien vite fermer la soupape d'inlrodiiclion de vapeur et le mouvement ascensionnel des liges des pompes continuait jusqu'à la fin de la course du pislon en vertu de la vitesse acquise. C'est sans doute à cette détente qu'il faut attribuer la crande économie de charbon réalisée par l'emploi des pompes à l'eu de Smealon liais cette amélioration ne peut èlrc obtenue dans les villes : le poids en mouvement n'est pas assez grand. Il faut donc inir duire la vapeur pendant toule la C"urse du piston ou à peu près et il n'y a pas détente suffisa te pour prnduire une économie de combustible. C'est pour cela que les machines à simple elfet sont abandonnées presque partout dans le service des villes. Une des machines de Chaillot b'appelait Conslantine, du nom de M. Constantin Périer ; l'autre, Augustine, du nom de son frère Auguste.

10 impulsions par minute, qui produisent chacune près de 4 muids d'eau'; cette eau est foulée, parla pompe qui l'élève, dans un vaisseau cylindrique et plein d'air comprimé, qui la force à son tour de monter dans les réservoirs, à 560 toises de distance et à HO pieds d'élévalion au-dessus des basses eaux de la Seine', par un luyau de conduile de 22 pouces 0 lignes de diamètre, commun aux deux machines.

Chaque machine élève et fait monter en vingt-quatre heures environ 400 mille pieds" cubes d'eau, pesant 28 millions 800 mille livres et composant 4S 600 muids d'eau, dans les réservoirs construits sur le haut de la montagne de Cliaillot; et c'est leur élévation de 110 pieds qui permet à la Compagnie de donner de l'eau dans tous les quartiers de Paris sans exception.

Ces réservoirs, au nombre de quatre, ont chacun 50 toises de longueur, 10 de largeur, 9 pieds de profondeur, et contiennent 1800 toises cubes d'eau de Seine, ou les 48 600 muids dont nous avons parlé'.

L'on a fait quatre réservoirs exprès pour clarifier l'eau en la laissant déposer avant de l'offrir au public; ainsi, il y aura toujours au moins un réservoir qui s'emplit, un ijui dépose, un qui fait le service et un qui peut être en réparation^; l'on a même prévu le cas, presque impossible, où les

' J'ai dit que cliaque mouvement alterii.ntif donnait 1"°,053 d'eau. Huit coups de piston par miniile élevaient donc 8"','l'2i d'eau et dix coups 10"%r)50, en moyenne 9°', -47 7, soit par seconde 0°",1")8 et par vingt-quatre lieurcs 13647 mètres cuLes.

On verra d'autre part que l'eau éiait élevée en n}oyenne à 52", 80. La puissance de la machine comptée en eau montée était donc 52°, 89 x lô8 ^519t)'°',0-2 ou de 69 clicvaux. Suivant .M. de Prony, les macliines de Chaillot étaient bien supéiieures à ce qu'on avait fait jusqu'alors en France.

■ Il y avait quatre réservoirs égaux. La dislance de 560 toises (701°, 6ij) s'applique sans doule au bassin le plus éloigné des macliines, dans lequel l'eau élail refoulée.

L'altitude de son trop-plein était 58°, 71

Celle du 2* 58°,04

Celle du 5° 57", 55

Celle du 4" .'i0",66

' -400 000 pieds cubes ou 15 711 mètres cubes en 24 heures, noud)re qui concorde avec celui que je viens de calculer.

L'eau, d'.iprès ce qui précède, étiiit élevée il MO pieds ou à 55", 75 au-dessus des basses eaux de la Seine ; ce iioudire est un peu tiop grand : l'étiagcile la Seine au pont de l'Aima étant très-sensihlement à l'altitude 24°, 80 et le trop-plein du bassin le plus élevé étant 58°, 71, l'eau était élevée au plus à 35°,91 de hauteur, et en moyemie, en t' mps de basses eaui, à 32°, 89.

* 1800 toises cubes font 13527 mètres cubes.

» Sous ce rappori, MM. Périer s'efciient trompés. L'eau s'édaircissait bien un peu par le repos; mais, exposée au grand ^oleil, elle perdait en qualité plus qu'elle ne gagnait en limpidité Je dois dire que lorsiue j'ai pris le service, un grand nondjre dégoûts, et nolaninient l'egout Uivoli, versaient leurs dejiclioiis dans la Seine, en amont des machines. Pendant l'été de l'année 1858, l'eau des bassins est devenue absolument fétide.

l.KS l'O.MrM-S A FEU. — MKMOIRE DE MIRABEAU. Ôô5

repaissent les yeux et les indiquent généreusement aux pères de famille.

« Les cinquante-neuf mille cinq cents muids d'eau qui nous restent ta placer font environ cinq cent quarante raille voies d'eau.

« .l'ai condamné dans mon mémoire cinq cent mille personnes à Paris, soit hommes, soit fennnes, soit enfants, jeunes ou vieux, à boire h prix d'argent l'eau de la Compagnie, et son écrivain n'a demandé grâce pour aucune d'elles, ce qui, n'en déplaise au buste de M. de Saint-James, est un peu dur ; car nonobstant l'absurde vanité qu'on met à grossir la triste population de Paris, qu'il vaudroit mieux dissimuler, s'il falloit dissimuler quelque chose; en dépit, dis-je, de cette vanité, Paris, en comprenant dans sa population tant de passagers qui se succèdent et consomment peu d'eau au delà de leur boisson, Paris n'engloutit pas plus de six cent mille personnes', et n'en exclure que cent mille qui ne payeront jamais l'eau, c'est aimer peu le peuple et beaucoup la Compagnie.

« Cependant, soit ! De ces cinq cent mille paysans, nous venons d'en pourvoir bien abondamment quarante-huit mille. Restent qnatre cent quarante-deux mille personnes qui doivent se partager les cinquante-neuf mille cinq cents muids que l'inventeur des iMirabelles veut qne sa Compagnie distribue pour arriver aux trois millions cinq cent mille livres de revenu. C'est donc pour chaque jour environ une voie et un quart d'eau, ou trenle-huit pintes par tête^ Mais dix pintes d'eau*''' chaque jour pour chaque

' En 1779, la population de Paris était d'un million d'habitants (Douillet). Il est peu probable qu'elle eût beaucoup diminué en 1 786, époque où Mirabeau publiait son second mi'moire

- 38 pintes par tète et par jour donnent 10 79(j 000 pintes (15 956 mètres cubes) pour 442 000 personnes. Si à ces 15 956 mètres cubes nous ajoutons "2025 mètres cubes altribués par Mirabeau à la population riche, nou< trouvons pour le volume total de l'eau que la Compagne se proposait de distribuer suivant Beaumarchais, 19 000 mètres cubes environ. Si le nombre des Parisiens était alors de 1 000 000 comme Eadmct Douillet, et si les projels de la Compagnie s'étaient ré;ilisés, la consommation par jour ei par tète aurait'été de 19 litres.

(') llix pinles multipliées par quatre ci.'nl quarante- dcu\ mille consommateurs l'ont quinze mille sept cent quatre-vingt cmq muiils qui, jniuls aux dix mille cinq cents pour les trois mille maisons habitées par une seule f;imille, portent à vingt-six mille deux cent cinquante

individu, l'un portant l'autre, sont plus qu'on ne sauroit jamais assigner à une population où se trouvent compris les vieillards, les enfants, et, je le répète, cette multitude d'étrangers qui, se succédant à Paris, n'y viennent sans doute pas [JOur consommer deleau'.

« Il y auroit donc, à ce calcul, dans le compte de l'administration, un Irop-bu* de vingl-liuil pintes par tête sur quatre cent quaranle-deux mille personnes, c'est-à-dire que des cinquante neuf mille cinq cents muids dont je cherchois l'emploi, ou, si l'on veut, des soixante et dix mille muids qui doivent produire une recette annuelle de trois millions cinq cent mille livres, il reste encore à en placer environ quarante-quatre mille'".

« Cependant, comme j'ai fait vœu de complaisance pour l'administration, j'ai pourvu trois mille maisons ou hôtels, renfermant quarante-huit mille personnes, de toute l'eau de la Seine qu'elles consommeront jamais, et j'ai condamné quatre cent quarantedeux mille personnes de tout âge, de tous pays, de tout sexe, à en consommer dix pintes par jour, l'une portant l'autre.

« Dix pintes vous paroissent-elles trop peu? Mais, au nom du bon sens, eslimez-les moins avec l'imagination qu'avec le jugement et les yeux ; cl Dieu vous garde d'avoir à payer, par forme d'a-

miiids l'eau donl h Compagnie peut espérev de recevoir le pi'is chaque année, c\'sl-à-dire six mille deux cent cinquante muids de plus que dans mon compte de vingt-six mille maisons : car comment résister aux attraits de la prodigalité qui tient si fort au cœur de mon adversaire? On me demandera si je crois que trois mille maisons seulement souscriront pour l'eau. Oui, je le crois parce que je ne sais en vérité sur quel fondement appuyer l'opinion contraire. Aussi u'ai-jc jamais cessé de penser que l'mtérét liien entendu de la Compagnie est de ne s'occuper que des fontaines publiques. (.\ole de Mirabeau.)

' C'est une grande erreur. Il est absolument iEupossible de faire une distribution d'eau à domicile avec 10 pintes (9 litres) par tète et par jour et mémo avec 19 litres, la distribution à domicile de Londres dépasse aujourd'hui 1-40 litres par tète et par jour. Il est fort difficile d'évaluer celle de l'aris, iiarcc que Iv. service public et le service privé tirent leur eau des mêmes conduites. J'ai la certitude que la disiribution à domicile y dépasse aujourd'hui 00 litres par jour et par tête.

* L'expérience a démontré ipie non-seulement il n'y aurait pas eu de trop lui, mais encore qu'avec la maigre ration d'eau (|ue Mirabeau leur attribue, la plupart des l'arisiens seraient morts de soif.

' Tout ce qui suit n'est que de la haute fantaisie qu'aucun Ingénieur chargé d'une grande distribution d'eau ne se donnerait la peine de discuter aujourd'hui.

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