SÉCHERESSE 1557-1559. LA DUCHESSE DE VALK.NTINOIS
Messieurs les prevost des marchans et esclievins de la Ville assemblez au bureau de lad' Ville En obtempérant au vouUoir du Roy et au consentement des conseillers de lad" Ville a este permis et octroyé a lad° dame princesse dessus désignée prandre du gros ihuyau des fontaines de lad'' Ville venant du Regard estant deuant lliostel dArdoise ung El d'eaux vives pour cnsuyte estre conduict et mené en sou hostel de Barbette au lieu le plus aise pour le service de lad" maison et luy en sera expédie lettres pour luy servir a ses jours ou ayant cause de renouvellement de ses tiltres perduz.... Ainsi qu'il est contenu es lettres missives du Roy ci deuant transcriptes'.
Il ne faillit donc rien moins que l'ordre du roi pour obtenir ces deux concessions, tandis que, de 1528 à 1557, les prises d'eau particulières étaient accordées avec une certaine facilité. J'ai constaté des faits analogues en parlant des fontaines publiques : dès l'année 1558, le bureau de la ville prit des mesures pour en assurer l'alimentation sérieusement compromise.
Le 2 juillet 1555, le bureau prescrivit à Jean Bougars, fontianier, « de couper les tuyaux des fontaines afluant en l'hostel de la vesue de maistre Jehan Tronson.... en l'hostel de maistre Loys Gaiant; en l'hostel de feu maislre Nicolas Herbelot ; en l'hostel de feu maistre Perdrier, et remettre les d'^ cours d'eaux aux gros thuyaulx servans et coulans pour la chose publicque de ceste dicte ville, le tout suivant les lettres-patentes et vouUoir du Roy'. »
Une autre ordonnance du 28 novembre de la même année, porte « commandement être faict aux propriétaires des maisons y ayant fontaines, d'apporter incessamment les tiltres et permissions. » Celte ordonnance donne les noms des concessionnaires qui étaient alors au nombre de vingt'. Ordre fut donné au premier sergent de la ville de faire commandement aux intéressés de remettre ces titres dans les vingt-quatre heures : « et
« Registres tle la ville, vol. IV, fol. 173 et v»; l'iiotel Barbette était situé sur remplacement des rues BarbeUe et d'Elzévir; ces rues ont été constriiites après la vente de l'Iiôtel par les beriliers de Diane de Poitiers.
* Registres de la ville, vol. V, fol. 354.
= Registres de la ville, vol. VI, fol. 72. Voy. les noms des concessionnaires i)ages 470 et 480. ' °
leur soil signifie cl faicl assauoir que à fuiiUe (raiioii- l'oiiriii ou obéi a ce que dessus, ([iie ce lemps passé, les conduicls de ces dicles fontaines ou lluiaulx seront retranchés, remis et reslablis au conduict public ainsi que la raison le vcult'. »
Il ne paraît pas que ce conimandcmcnt ail produit un grand clTcl, car deux nouvelles ordonnances furent rendues les 16 cl 24 avril de l'année suivante pour obtenir la présentation des litres. Trois concessionnaires seulement : messires Gayant, Ilcrbelot et Luillyer de Boullencourl, se rendirent à celle invilation*.
Ces mises en demeure et toutes les pièces annexes furent envoyées au roi Henri II qui, par lettres patentes adressées le 14 mai 1554 au prévôt des marchands, supprima toutes les concessions, à l'exception de celles de quelques seigneurs. Voici le texte de ces lettres :
Lettres du Roy Henri/ Il pour retrancher tous les thukmlx des fontaines particulières,
IIenuy, par la giàce de Dieu, roy de France, à nos très chers et bien amcz les prevost des Marchaus et Eschevins de nostre bonne ville de Paris, salut, connue après avoir esté duement aducrliz que en plusiein-s maisons tant en nostre ville que/, enuirons y auoit des fontaines parlicullières prises et desriuées des thuiaulx de canaulx des fontaines destinées pour le publicq, vous eussiez ordonné veoir les lettres, tiltres et enseignements par Jcsquclz les l>roprictaires desd" maisons prétendent permission leur auoir esté donnée dauoir et tenir lesdictes fontaines par nous ou noz |)rédécesseurs, par vou.s ou vos prédécesseurs conlirmées de nous ou de nos prédécesseurs et aussi de faire Visitation de toutes lesdictes fontaines commanceant à la prise d'icelles et aux branches (jui en dcspendenl afin de donner a l'aduenir ung bon règlement pour l'entrelenement et conservation de celles qui sont destinées au publicq, et puis ayant faict la Visitation, marqué cl eschantillonné toute? les eaues qui se distribuent des canaulx du publiccj csdictes maisons priuées cl parlicullières avec procès-verbal modelle et lignrrc portant la mesme
» llcgistres de la ville, vol. V, fol. '2.'w. ' Registres de la ville.