DISTRIBUTION. FONTAINE DE BIRAGUE
ont droit d'auoir de l'eau par bassinet au regard de la fontaine publicque de Sainte-Callierine rue Saint-Antoine deuant les Jcsuiltes que nous auons ordonné estre reconstruit de neuf a cause de sa vieillesse et caducité, lesquelz particuliers s'ctans présentez au bureau et Nous ayans demandez la permission de brancher a leurs dépens sur le gros thuyau public qui conduisoit l'eau cy-deuant aud' regard, pour qu'en attendant la reconstruction ils puissent auoir de l'eau pour l'usage et commodité de leurs maisons, ce que nous leur aurions accordé verbalement sans tirer a conséquence, a la charge que dès aussitost que nous ordonnerons le renouiiellcment de cette conduitte ils seront tenus chacun en droit de retirer leurs embranchemens et de faire
pour raison le tout à leurs dépens Fait au bureau de lad'" ville ccjour-
d'huy deuxiesme may mil sept cent sept. Signé : Boucher d'Orsay, Melin, Boulet, Scourjonet Denis'.
La fontaine fut reconstruite en forme de tour pentagonale telle qu'elle existait encore il y a quelques années, dans la rue Saint- Antoine, vis-à-vis la rue de Sévigné (naguère rue Culture-Sainle- Catherine), et le lycée Charlemagne (autrefois les Jésuites), à l'extrémité d'une petite place plantée d'arbres qui porte encore le nom de place de Birague. La réception des travaux eut lieu le 16 mai 1707, comme le prouvait une inscription gravée sur une plaque de cuivre.
Girard pense que c'est alors que la fontaine reçut le nom de Sainte-Catherine ; c'est une erreur, je trouve le nom de Sainte- Catherine ou de fontaine devant les Jésuites dans les brevets de tous les concessionnaires qui avaient leurs bassinets dans ce château d'eau. Ainsi, d'après une ordonnance du prévôt des marchands du 14 janvier 1656, le maître des œuvres augmenta le trou de la concession du président Aubry, « le tout au lieu et endroictde son bassinet dans la fontaine publicque dite de Sainte- Catherine, rue Saint-Antoine^ )i .
J'en trouve une autre preuve dans la délibération suivante rendue sur la requête des religieux de Sainle-Calherine, présenlée
Rogislres dv la \ille, 11. 1812, vol. LXV, fol. 1 l.j. Uopislies lie la ville, 11. 1804, vol. XXVII, fol. 5'JI.
au bureau à l'cffol d'ublcnir le rétablissement des lettres S el G [Sainte-Catherine), gravées sur l'ancienne fontaine.
Veu la rci|iieste portée par les RcUigicux prieur et Couueiit de Saiiitc-
Catlicriiie du Val des Escoliers de celte ville contenant que dans l'csten-
due de leur Censiue les suplians ont antiennemcnt donné à la ville la place ou estoit construite la fontaine de Birague, dite de Sainte-Catherine sur laquelle cstoient insculpez vne S et vn C aux quatre coins de lad"" fontaine
que depuis le bureau ayans trouué à propos d'augmenter lad'° fontaine et de la faire construire à neuf, les suplians dcmandoient... que les niesmes inar- (jues de leur Censiue fussent mises sur lad'" fontaine nouuellcment construite et sur deux des bornes qui l'enuironnent comme auant la reconstruction auons ordonné que sur les deux bornes faisans faces et les
plus proches de la maison des supplians il soit graué les deux lettres S et C pour niarquer les droits des suplians. — Fait au bureau de la ville le 25 aoust 1708'.
C'est, suivant Girard, vers la fin du dix-builièinc siècle que la fontaine reprit le nom du chancelier de Birague, son fondateur.
Ce petit édifice était fort élégant; il a malheureusement été détruit loi-squ'on a prolongé en 1850 la rue de Rivoli jusqu'cà la rue Saint-Antoine. J'ai reproduit sur la planche ci-contre, d'après Girard, l'élévation, la coupe et le plan de celte fontaine et de son château d'eau. Sur chaque face on lisait, suivant Pigauiol de la Force, les distiques suivants :
Premiùre face.
PRyETOn ET /EDILES FONTEM HUKC POSUERE, BEATI SCEPTKUM SI LODOIX, DUM FLUET CNDA, REGAT.
Deuxième face.
AME IIABUIT RAROS, HABET URBS XONC MILLE CANALES DITIOR ; nos SUMPTDS OPPIDA LO.NGA BIBANT.
» Registres de la ville, il. 1843, vol. LXVI, fol. 20.
FONTAINE DE BIRACUE OU DE S'5 TATHEKINE.
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