DISTRIBUTION. FONTAINE DU CHAUDRON
qui conduisaient l'eau à la fontaine de la Charité furent posés aux frais de l'abbaye, qui fut, en outre, cliargée de leur entretien pendant trois ans \
A l'expiration de ce délai, le 3 juin 1620, les prieur et religieux adressèrent une nouvelle requête au bureau pour être déchargés de cet entretien.
Celte décharge, qui correspond à ce que nous appelons une réception définitive, leur fut accordée ; on ne laissa aux frais de l'abbaye que l'entretien de quelques murs et de la charpente de ^édifice^
La fontaine de l'Abbaye a élé détruite, en 1867, pour faire place au boulevard Saint-Germain.
Fontaine duChaudron, 16 septembre 1717. — Joseph Chaudron, marchand de vin à la Villelte, obtint l'autorisation de construire à ses frais un regard de fontaine, dans lequel il se réserva le droit de prendre par bassinet quatre lignes d'eau du Pré-Saint-Gervais.
Les plans et dessins de ce regard lurent dressés par le maître des œuvres de la ville et les travaux furent reçus le 16 février 1718. Le bureau « donna acte au supliant de ce qu'il avoit mis la fontaine en question en bon estât, au désir du jugement rendu au bureau de la ville le 16 septembre 1717, auquel état il fut tenu de l'entretenir pendant trois années, conformément audit jugement''. »
Cette fontaine resta en service jusqu'en 1861, époque où l'eau du Pré-Saint-Gervais cessa d'y couler ; elle était située à l'angle des rues du Faubourg-Sainl-Martin et de Lafayette. On avait dénaturé le sens de son nom : elle aurait dû porter le nom de son fondateur, mais au lieu de fontaine Chaudron, on l'appelait fontaine du Chaudron. Elle est aujourd'hui démolie.
' Registres de la ville, H. 1846, vol. LXIX, fol. 594.
* ftirf., II. 1848, vol. LXXI, fol. 250. K" U9 de la carte.
' Registres de la ville.H. 1847, vol. LXX, fol. 518, V'. Voy. page 119 et n° 19 delà carte.
Les cirui fontaines du faubourg Saint- Antoine. — Fontaine Basfroid, 17 août 1719. — Le bureau avait décidé que cinq fontaines seraient construites dans le faubourg Saint-xVntoine, une entre autres au carrefour des rues de Basfroid, de Charonne et de Saint-Bernard. Maisavantde la construire, on jugea nécessaire « de concilier les alignements pour le redressement et eslargisse-
ment des rues de Basfroy et Saint-Bernard Le Boy étant en
son conseil de l'avis de M. le duc d'Orléans régent, a ordonné et ordonne — que les alignements de la fontaine qui doitcstre construite au carrefour et es encoignures des rues de Charonne et Basfroid seront donnez en présence des S" Preuost des Marchands et Eschevins et du S' Fournier de Montagny, président trésorier de France'... »
Les registres de la ville ne font plus mention des autres fontaines du faubourg Saint-Antoine, si ce n'est dans une réponse à une pétition présentée au régent en 1724, par une compagnie qui prétendait avoir le droit de construire des machines sur toutes les rivières du royaume \
Deux des fontaines du faubourg Saint-Anloine, qui paraissent anciennes, portent les noms suivants : fontaine de Charonne, autrefois fontaine Trogneux, à l'angle des rues de Charonne et du faubourg Saint-Antoine'; fontaine de Montreuil , autrefois fontaine de la Petite-Halle, à la pointe formée par la rencontre des rues du Faubourg-Saint-Antoine et de MontreuiP. Ces fontaines sont encore en service. Une quatrième fontaine, qui n'existe plus, portait au commencement du siècle le nom de fontaine du marché Lenoir, ou tout simplement du marché Saint-Antoine. L'emplacement de la dernière fontaine du laubourg Saint-Antoine est inconnu, et il est probable qu'elle n"a jamais été construite, car, en ce qui concerne le faubourg Saint-Antoine, il n'est fait
• Registres de la ville, H. 1848, vol. LXXI, fol. 98. Fontaine Basfroid, n" 87 de la carte. » Voy. page 299.
s N° 89 de la carte. Décret du 2 mai 180(>.
* N* 91 delà carie. Décret du 2 mai 1806.
DISTRIBUTION. FONTALNIÎS DU FAUBOURG SAINT-ANTOINr:. 1789. 603
mention, dans le décret du 2 mai 1806 de l'empereur Napoléon V, que des quatre fontaines : Basfroid , Trogneux, de la Petite-Halle et du marché Lenoir.
Cette dernière fut érigée sur un terrain de 4 430 toises carrées, vendu par les abbesse, prieure et religieuses de l'abbaye royale de Saint-Antoine des Champs; cette vente fut confirmée par lettres patentes du 17 février 1777 pour y créer un marché. Le bureau de la ville fit une très-vive opposition à la création de la fontaine'. Il est certain que, le 28 février 1789, il n'avait pas encore fourni l'eau nécessaire à son alimentation , comme le prouvent les lettres patentes de Louis XVI qui portent cette date; le roi se vit réduit à prélever, en faveur de la fontaine, 25 lignes d'eau sur les 50 lignes formant la dotation de l'abbaye. Voici, du reste, la teneur des passages les plus importants de ces lettres patentes; on n'oubliera pas que l'emplacement de l'abbaye Saint-Antoine des Champs est occupé aujourd'hui par l'hôpital Saint-Antoine.
Lettres patentes du Roy constatant qiw la fontaine qui devait être construite dans le marché Saint-Antoine ne l'a pas été faute de pouvoir être alimentée par les eaux de la pompe Notre-Dame, ainsi qu'il est établi par lettres patentes du 17 février 1777, et ordonnant «que sur les cinquante lignes d'eau accordées à l'abbaye royale de Saint-Antoine des Champs-les-Paris par acte du quatre septembre mil sept cent quatre-vingtquatre, il en sera distrait vingt-cinq lignes pour fournir l'eau nécessaire à la fontaii^e qui sera construite sur la place dudit marché et dont les frais de construction et entretien, ainsi que ceux de la conduite des eaux seront seulement à la charge des préuost des marchands et escheuins de notre bonne ville de Paris, seront au surplus nos lettres [patentes du dix-sept février mil sept cent soixante-dix-sept exécutées en tout ce qui n'y est pas dérogé par ces présentes^... »
Les quatre fontaines du faubourg Saint-Antoine étaient en ser-
' Registres de la -ville, H. 1877, vol. C, fol. 156. ' Archives nationales, liasse H, 1960, pièce n* 104.
vice au commencement du dix-neuvième siècle, car elles ne sont pas nommées dans un rapport du 28 décembre 1810 du bureau des bâlimenls civils', dans lequel il est dit « que loulcs les fontaines ordonnées par le décret du 2 mai 1806 sont aclievées et en activité. » Ce rapport ne meuliomiantpas ces quatre fontaines parmi celles qui avaient dû être réparées, il est clair qu'elles existaient et fluaienl en 1806, puisqu'elles sont clairement désignées dans le décret du 2 mai de cette année.
Reconstruction de la fontaine Mauhuée, 1755. — Une ordonnance du bureau de la ville, en date du 2 juin 1755, abandonna aux époux Moreau le petit bâtiment où se trouvait la fontaine Maubuéeet son château d'eau, à la charge par eux défaire reconstruire celte fontaine, de l'eulretenir, cl en outre de verser une re-
' Voy, chap. XXIV.