DISTRIBUTION. - REGARD DUFORT
l'eau élait délivrée au public. Le trop-plein des deux fonlaines était abandonné au prieur de Saint-Martin et au grand prieur du Temple.
Il était expressément stipulé que la ville reutrerail en possession de l'eau dans le cas où ces fontaines seraient supprimées. Cette convention fut convertie en acte notarié le 12 juillet 1768'.
Les 9 janvier et 12 mars 1773, la ville fil acquisition d'un terrain vers le carrefour des rues du Faubourg-Saint-Houoré et des Saussaies, pour y construire une fontaine. Mais je ne pense pas qu'il ait été donné suite cà ce projet ^
Regard Dufort. — Ce château d'eau, sis rue des Vieux- Auguslins, actuellement rue d'Argout, était encastré dans une maison derrière l'emplacement actuel de la caisse d'épargne, à peu de distance de la rue Coquillière. On n'avait aucune notion, dans le service, sur l'origine de cet ouvrage : en relevant les concessions à titre onéreux j'ai constaté qu'il avait été construit, vers 1740, par Pierre Grimond ou Grimot Dufort, lequel fut en outre chargé de son entretien et reçut à titre d'indemnité, le 18 février 1739 et le 13 septembre 1740, une concession de 12 lignes d'eau. Lors du rachat des concessions, en 1855, les descendants de M. Dufort reçurent, pour toute indemnité de leur concession l'emplacement du regard, dans la propriété duquel ils rentrèrent'.
En décrivant les anciennes fontaines de Paris, je me suis basé jusqu'ici sur des documents incontestables; mais je ne
» Registres de la ville, H. 1872, vol. XVC, fol. 35S. Il ne restait plus dans ces derniers temps qu'une seule des deux fontaines portant le n° (i6 de la carte.
Cette fontaine a été détiuile ainsi que le vieux marché Saint-Martin, le 27 août 18GC, par la construction de la rue de liéiiumur.
^ Registres de la ville, II. 1875, vol. XCVUI, fol. 98.
5 Reijard Dufort, n° 52 do la cailo.
(il4 LES ANCIENNES EAUX.
puis établir d'une manière aussi certaine l'origine de celles qui suivent :
Fontaine d'Auteuil. — Sise sur la vieille place d'Auteuil, à l'angle des rues de La Fontaine et d'Auteuil. Très-ancienne fontaine, la plus ancienne peul-èlro de Paris , alimentée par une source du voisinage'.
Regard et fontaine de la Porte-Saint-Detiis. — Le regard était fort ancien, et il est probable qu'il fut converti en château d'eau vers 1655. Une ordonnance du bureau du 7 septembre 1G55 prescrivit d'y adapter un robinet de puisage; cette fontaine, d'après le partage des eaux de 1G75, distribuait deux pouces d'eau du Pré-Saint-Gervais : mais où était-elle située? C'est ce qu'il convient d'examiner.
Avant 1668, elle ne pouvait être voisine de la Porle-Sainl- Denis : les boulevards Saint-Denis et Saint-Martin n'étaient point encore dans l'enceinte de Paris, et la porte monumentale n'était pas constrnife. D'après la carte du traité de la police gravée en 17Ô8, la fontaine Saint-Denis était située rue Saint- Denis au point où les rues Blondel et Sainte-Foy y débouchent aujourd'hui; c'est aussi l'avis de Girard, qui donne à la fontaine construite en ce point les noms de fontaine Saint-Denis ou des Filles-Dieu. En consultant les pians de l'inspection des eaux, j'ai reconnu qu'il y avait une conduite de trois pouces, posée dans les rues Blondel et Saint-Martin, pour relier celle fontaine à celle du Vert-Bois. Mais, d'un autre côté, le distique suivant de Santeul semble indiquer que cet édilice était très-voisin de la j)orle monumentale :
NYMPIIA TRIOMPIULEM Sl'ill.lUI FOHMCE PORTAH AIlMIKATA SUIS GAItltlLA PLAUDIT AQUIS.
' Fonlaiiifi d'Auleuil, n* 92 de la carie.